Irène Gerard, artiste de la Hesse

A lire sur le site La « S » Grand atelier:

Irène Gerard

Irène Gerard

Irène Gerard – 1958

En novembre 2007, ayant terminé sa carrière de travailleuse en atelier protégé, Irène a décidé de fréquenter régulièrement les ateliers de peinture et de gravure du CEC La Hesse.

Une artiste avide de découvertes et de rencontres qui a très rapidement trouvé son univers personnel, graphique et pictural.

L’œuvre d’Irène Gérard est exclusivement basée sur la figure humaine. C’est à la fois un travail graphique et pictural complexe qui caractérise son travail. Inspirée d’images tirées de grandes figures de l’histoire de l’art (notamment Sander, Modigliani ou encore Gauguin), l’artiste ne reste pas cantonnée à une simple reproduction du sujet initial mais en donne une version très personnalisée.

La fabrication de ses peintures s’élabore de manière relativement systématisée.

La première étape consiste en la réalisation d’un crayonné. Cette phase du travail n’est pas sans rappeler le cubisme dans sa période analytique (et plus particulièrement les Demoiselles d’Avignon de Picasso). Irène Gérard construit son dessin par plans successifs qui s’agencent pour reconstituer l’ensemble de la figure. A contrario des procédés cubistes, l’objectif de l’artiste n’est pas une déconstruction de l’image mais bien une reconstruction par plans entourés d’un cerne. L’idée n’est donc pas ici de proposer la visualisation de différents points de vue mais bien de découper l’image en zones identifiables. En fin de processus, l’image montre donc une grande cohérence d’ensemble.

L’étape suivante est celle de la mise en couleur. Les techniques utilisées sont variées passant tantôt par l’utilisation de l’acrylique, tantôt par l’huile ou encore le fusain. Le choix technique s’opère en fonction du sujet traité. Irène Gérard n’a pas de palette de prédilection mais utilise une grande variété de teinte.

La finalisation de l’ensemble consiste souvent à retracer de manière marquée l’ensemble des cernes qui avaient servi à la construction de son dessin.

A sa manière, on peut donc dire d’Irène Gérard qu’elle revisite le cubisme sans même en connaître les principes et c’est sans doute là que réside une bonne part de la richesse de son travail.

Patrick Perin

Les corps sont en morceaux, en morceaux recollés, comme un vitrail défenestré, couché sur le parvis d’une église. Le puzzle est complexe mais presque toutes les brisures sont là, reste à les assembler pour reconstituer une histoire plausible, celle d’Irène Gérard. Ses peintures coupent comme verre, ses dessins sont taillés comme au canif. Têtes et membres s’encastrent, s’accouplent, se clipsent et se cliquent pour composer des corps différents mais malgré tout crédibles. Et une mâchoire s’emboîte dans un maxillaire, un maxillaire dans l’aile d’un nez, l’aile d’un nez dans l’espace vacant entre les deux yeux, deux yeux qui nous observent. Car ce monde claquemuré dans deux seules dimensions est pourtant tangible, palpable, comme animé. Il suffit de s’habituer à ces nouvelles anatomies, ces relations inédites entre leurs différentes parties. En fin de compte ces vitraux sont intacts, les plombs dans la tête d’Irène Gérard sont résistants, tous ces êtres se présentant dans les encoignures des acryliques et des crayons sont nos parents proches. Ce n’est qu’une question de regard, de grille de lecture, d’adaptation à un monde parallèle, qui est aussi le nôtre.

François Liénard

Sans titre (2011) Mixte, 1100×730 mm, Papier

Sans titre (2010) Acrylique, 1100×730 mm, Papier

Sans titre (2010) Acrylique, 1100×730 mm, Papier

Depuis 1958, l’association Les Papillons Blancs multiplie les initiatives en faveur des personnes déficientes intellectuelles

A lire sur le site La Provence.com:

Les Papillons Blancs aident les déficients intellectuels

 Jeudi 23/10/2014
Les Papillons Blancs

Le scénariste de BD, Christophe Cazenove, était à l’IME les Cyprès auprès des jeunes. Photo A.T.

L’association multiplie les initiatives pour développer ses différentes structures

Depuis sa création en 1958, l’œuvre des Papillons blancs a bien grandi. Elle a surtout considérablement aidé à faire évoluer la situation des personnes atteintes d’une déficience intellectuelle et les responsables ne comptent pas s’arrêter là.

Chaque année, ils multiplient les actions et les démarches pour travailler à l’inclusion des pensionnaires. « On a de plus en plus de démarches d’ouverture, pour ne plus concevoir les établissements comme refermés sur eux-mêmes« , assure le directeur de l’IME et du Sessad, François Ballesta, avec cette ambition qui l’anime « d’en faire des citoyens« .

Aujourd’hui, près de 370 personnes, âgées de 6 à 68 ans, et atteintes d’une déficience intellectuelle, sont accueillies sur les différentes structures gérées par l’association (lire ci-contre), en fonction de leur âge et de leurs capacités.

Que ce soit à l’IME, l’Esat, au sein de l’entreprise adaptée, au foyer de vie Lou Calen ou encore au foyer d’accueil médicalisé pour les personnes vieillissantes, dirigeants, travailleurs et bénévoles redoublent ainsi d’efforts pour veiller au respect de la dignité et de la citoyenneté des personnes handicapées. Véritable institution, dont la portée dépasse les frontières de la ville – les pensionnaires viennent de tout le pays salonais -, l’œuvre des Papillons blancs emploie plus de 220 professionnels et peut aussi compter sur une quarantaine de bénévoles.

Une classe IME au collège

L’an dernier l’IME a lancé une coopération inédite avec l’Ehpad L’Estérel afin de favoriser l’alternance des apprentissages professionnels des élèves des Cyprès au sein de l’entreprise, tout particulièrement pour les jeunes en formation lingerie, cuisine et entretien des locaux.

Saisissant ainsi chaque occasion pour valoriser le travail et les capacités de chaque personne, la structure travaille aussi depuis plus d’un an à la mise en place d’une classe IME au sein d’un collège.

Après de longs mois de discussion, une classe IME va ouvrir à la rentrée des vacances de la Toussaint au collège Carcassonne de Pélissanne. Dix élèves y seront accueillis le matin ou l’après-midi et auront donc la possibilité d’évoluer dans le milieu scolaire ordinaire.

« Les démarches ont été longues, avoue le directeur de l’IME. Mais nous avons finalement signé une convention tripartite entre le Conseil général, les Papillons blancs et le collège Carcassonne de Pélissanne. C’est unique dans le département« .

La démarche sera bénéfique aux deux parties et permettra notamment de valoriser l’estime de soi des jeunes de l’IME.

Autre projet de taille pour l’oeuvre des Papillons Blancs, l’agrandissement du foyer d’hébergement La Sousto. « Le projet avance et on espère qu’il verra le jour à l’horizon 2016« , confie la directrice générale de l’association, Madame Villecourt-Georges.

Le foyer va déménager avenue Georges Borel, où des travaux doivent être réalisés, et comptera alors 40 places contre 25 proposées actuellement, des studios seront aussi à l’étage pour les personnes autonomes. Avec toujours la même exigence, satisfaire au mieux les besoins de chacun.


 Les stuctures

L’association gère différentes structures : Pour les jeunes handicapés

- le Service d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD).

- l’Institut médico-éducatif, IME Les Cyprès.

- Le Foyer d’hébergement pour enfants et ados handicapés, la pinède. Pour les adultes handicapés

- Établissement et service d’aide par le travail (ESAT).

- Entreprise adaptée les Papillons Blancs .

- Foyer d’hébergement pour adultes handicapés dit la Sousto.

- Foyer de vie pour adultes handicapés, Lou Calen.

- Foyer d’accueil médicalisé pour adultes handicapés (FAM)


L’IME dessine sa BD pour le festival d’Angoulême

Le neuvième art peut parfois être un véritable facteur d’intégration. Pour preuve, la participation de sept jeunes de l’IME les Cyprès au concours organisé par l’association l’Hippocampe en marge du festival de bande dessinée d’Angoulême et destiné aux jeunes et adultes en situation de handicap.

« C’est important d’arriver à trouver une série de projets qui motivent les jeunes et les aident à prendre de l’estime« , justifie le directeur de l’IME, François Ballesta.

La participation des jeunes au concours de BD s’inscrit donc dans une démarche d’ouverture mais représente aussi un véritable tremplin pour les participants, qui quelles que soient leurs difficultés sont en situation de tout faire.

Pour la 16e édition de ce concours international, le groupe de Salon doit donc plancher sur le thème « Une surprise… ». Aidés de leur éducatrice, Sabine Abdoun, ils ont jusqu’au 15 décembre pour envoyer leur bande dessinée imaginée sur deux planches au format raisin (50cm x 65cm).

Et pour leur donner une motivation supplémentaire, Christophe Cazenove, scénariste de bandes dessinées comme notamment Les Pompiers, Les Gendarmes ou encore les Sisters…, et membre du jury de ce concours, est venu leur rendre visite au sein de l’institut médico éducatif de Salon.

« Dès qu’il y a de la BD en jeu, je me sens concerné« , glisse le scénariste à succès avant de prodiguer quelques conseils. « Il faut commencer par imaginer l’histoire, écrire le texte et dessiner après« , prévient-il. Une rencontre impressionnante pour ces jeunes qui ont apprécié la venue du professionnel.

« Nous n’avons pas encore choisi le thème, c’est le premier jour alors pour l’instant on met les idées à plat« , commente l’éducatrice.

De son côté Léa, a déjà une préférence, « moi j’aimerais bien faire quelque chose autour des vampires« , mais pour cela il faudra convaincre ses autres camarades. En attendant de définir la trame de l’histoire, les premiers coups de crayon sont déjà prometteurs.

« Nous allons intensifier les séances de travail après les vacances« , promet Sabine Abdoun. Estelle, Anastasia, Vincent, Rosa-Marie, Ruben, Chloé et Léa vont donc redoubler d’effort pour croquer leur aventure à pleines dents et taper dans l’oeil du jury, avec bulles et couleurs. Réponse aux alentours du 10 janvier.


 L’histoire de l’œuvre des Papillons blancs

En septembre 1958, le commandant de l’armée de l’Air, Jean Paour, fonde l’oeuvre des Papillons Blancs de Salon destinée à l’accueil des enfants déficients intellectuels qui se voyaient refuser l’accès à l’Éducation Nationale.

Grâce aux aides publiques ainsi qu’à des dons privés, l’association achète une demeure au 210 boulevard Foch. Le 1er janvier 1959, l’Institut médico-pédagogique (IMP) ouvre enfin ses portes.

En 1964 s’ouvrait ensuite l’institut médico-professionnel suivi d’une mise en place progressive d’un Centre d’aide par le travail (CAT). Le foyer-résidence, La Sousto, est aussi mis en place ainsi que le foyer Lou Calen en 1992 ou encore le Foyer d’Accueil Médicalisé, La Sauvado.

Pendant plus de 50 ans, le développement de l’œuvre des Papillons Blancs s’est poursuivi grâce à l’énergie de ses membres et de ses dirigeants successifs. L’actuel président Jean-Paul Menaut, multiplie encore les initiatives avec toute l’équipe de l’association et les directeurs des différentes structures.

Pascal Duquenne, artiste polyvalent

A lire sur le site L’Avenir:

Pascal Duquenne en «porte-drapeau» à Tournai

par  François DESCY    vendredi 10 octobre 2014

L’artiste trisomique Pascal Duquenne se définit comme un porte-drapeau. Hier, à Tournai, devant 500 enfants, son témoignage a fait mouche.

Pascal Duquenne

Dessin, danse expressive, batterie. Pascal Duquenne sait tout faire. Sa maman n’y est pas étrangère…

Le projet pédagogique 2014-2015 des écoles libres du fondamental tournaisien – porter un autre regard sur les personnes ayant un handicap mental (lire nos éditions du 30 septembre) – est né d’une rencontre fortuite de Johan Heleu, ancien directeur des Ursulines, avec Pascal Duquenne, artiste trisomique belge, et son agent, Gilbert Serres, un ancien danseur étoile d’origine niçoise.

Il ne fut pas bien difficile de convaincre Huguette, la maman de Pascal, très active au sein de l’ASBL «Le 8e jour» (lire par ailleurs), de venir à Tournai avec son fils pour témoigner: un handicapé n’est jamais rien d’autre qu’«une personne différente, souvent très sensible et très gentille», ayant des capacités que les autres n’ont pas. «Ils ne nous donnent que de l’amour» dit quelqu‘un dans un documentaire projeté hier à Tournai, dans le cadre du projet pédagogique.

Pascal Duquenne lui-même a mouillé sa chemise pour montrer qu’un handicapé mental peut faire plein de choses. On l’a vu dans un solo de danse expressive sur «The Show must go one» («C’est chaque fois différent car il a une capacité d’improvisation» dit Gilbert Serres, admiratif). Puis on l’a vu jouer de la batterie en accompagnement de Christian et Brigitte Hertsens, deux enseignants/musiciens tournaisiens qui ont interprété des chansons de Yannick Noah et de Zaz. On l’a enfin vu dessiner en direct des personnages à tête oblongue qui sont sa «marque de fabrique». Au passage, on a appris que, chaque année depuis 1980, il ramène des médailles des Special Olympics, en natation notamment…

500 autres enfants devaient avoir droit au même programme ce vendredi. «Je préfère m’adresser aux jeunes qu’aux adultes, nous a dit hier la maman de Pascal. Ce sont les adultes qui inculquent le rejet - «Sale noir», «Sale macaroni» – aux enfants. Ceux-ci ont encore un esprit sain, ouvert, sans carcan. ..»

 

Une résidence de 4 adultes ayant une déficience intellectuelle refusée par le voisinage

A lire sur le site Cités Nouvelles:

Roxboro: Une résidence en déficience intellectuelle indispose dans le voisinage

par Véronique Leduc      Publié le 22 octobre 2014

Ses dirigeants prétendent son statut résidentiel, l’arrondissement le voit institutionnel

Une résidence de la 5e avenue Nord, à Roxboro hébergeant quatre adultes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement a maille à partir avec l’arrondissement en raison du type de services qu’elle offre dans un secteur résidentiel.

résidence

© TC Media – Keith McAuliffe Une résidence de Roxboro hébergeant quatre adultes avec une déficience intellectuelle ou un TED a reçu un avis de non-conformité en lien avec le type de services qu’elle offre dans une zone résidentielle.

Quelques incidents sont à l’origine de plaintes de voisins, dont l’épisode d’une dame probablement autiste qui se serait précipitée dans la rue et aurait failli se faire frapper.

La Fondation du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants de développement (CRDITED) de Montréal est propriétaire de la maison depuis le 15 août dernier. Les usagers de cet établissement de services spécialisés ont intégré la résidence en septembre.

L’arrondissement a envoyé un avis de non-conformité aux propriétaires il y a un peu plus d’une semaine. «Selon le règlement de zonage, ce type de services peut être offert seulement dans des zones institutionnelles et non résidentielles, explique Bassam Chaarani, chargé de communication à l’arrondissement de Pierrefonds–Roxboro. Ils sont dans l’illégalité et sont déjà avisé. Ce dossier risque de prendre un virage légal».

Le CRDITED n’est pas du même avis. «Cette résidence n’est pas une institution au sens de la loi, mentionne l’agente d’information Sylvie Carle. Les personnes qui y vivent sont accompagnées par du personnel du CRDITED pour développer leur aptitudes à vivre en société. On ne parle plus d’institution depuis la désinstitutionnalisation. Ce sont des milieux de vie. C’est pour cette raison que notre établissement n’a pas demandé de permis d’occupation particulière à l’arrondissement au moment de l’achat. C’est habituel.»

D’autres résidences semblables

À Montréal, on compte une trentaine de résidence à assistance continue. Les personnes hébergées payent un loyer pour le gîte et le couvert. Selon Mme Carle, une intervention spécialisée est offerte en tout temps, 24h sur 24.

«Des discussions sont en cours entre l’arrondissement et la direction du CRDITED. On veut expliquer le statut de cette résidence et régler ça au meilleur pour chacun. Il y aura peut-être des recours qui vont suivre si l’arrondissement n’est pas satisfait ou a des inquiétudes», a ajouté Mme Carle. En lien avec l’usagère qui s’est précipitée dans la rue, selon un voisin qui a pris la parole lors du dernier conseil d’arrondissement, elle a indiqué qu’il y aurait peut-être matière à installer une clôture.

Une rencontre annulée

À la suite des plaintes des voisins, la conseillère du district du Bois-de-Liesse, Justine McIntyre avait été invitée à une rencontre avec des responsables du Centre de réadaptation le 7 octobre. Elle a par contre annulé le rendez-vous la veille.

«J’ai eu un malaise, partage Mme McIntyre. Cette maison n’est pas clôturée, alors qu’elle est située dans un secteur résidentiel où il y a une forte concentration d’enfants. L’emplacement situé pas très loin de la rivière n’est pas approprié non plus. Si tout avait été fait dans l’ordre, il aurait été raisonnable d’aller s’asseoir avec eux. Comme l’arrondissement a entamé une démarche, il était mieux également de laisser évoluer les choses de façon formelle.»

En septembre, lors du rendez-vous mensuel «Le samedi des citoyens», c’est la conseillère qui a accueilli un groupe de 15 voisins venus dénoncer la situation. «Ils ont eu beaucoup de problèmes et ne savaient plus quoi faire. Certains ne voulaient même plus profiter de leur cour, car ils entendaient crier et hurler dehors. Des voisins ont même reçu la visite d’intervenants qui cherchaient un usager.»

Michel Joly, un des voisins qui a fait une montée à la séance publique du conseil d’arrondissement du 6 octobre en disant qu’il y avait de l’agressivité dans l’air sur la 5e avenue Nord a mentionné au Cités Nouvelles que la situation était moins pire. Il n’a pas voulu commenter davantage, invoquant des raisons juridiques.

Accueil de personnes handicapées mentales à la maison de retraite

A lire sur le site de Ouest-France:

Handicap. Des handicapés mentaux à la maison de retraite de Coutances