Toki travaille depuis neuf mois au Makila Kafé

À lire sur le site Sud-Ouest:

Bordeaux : Toki, jeune trisomique, est serveur dans un restaurant

Publié le par Valérie Deymes
Toki

Toki sert les plats des tables de la terrasse du Makila Kafé à Bordeaux. ©Fabien Cottereau

Toki, adulte trisomique, travaille depuis neuf mois au Makila Kafé. Une insertion en milieu professionnel ordinaire réussie

Comme il le fait trois matins par semaine, Toki arrive au Makila Kafé, sa chemise blanche de service, soigneusement pliée dans sa housse, la bonne humeur en bandoulière et un sourire franc accroché au visage. Toki, 23 ans, trisomique, embauche. Il salue sa patronne Charlotte Malet et va à la rencontre de chacun de ses collègues pour un bonjour matinal enjoué. Neuf mois maintenant que Toki travaille dans ce restaurant, Quai des Marques. Oui, « travaille ». Car le jeune adulte trisomique a un métier : serveur. Et désormais, un employeur : le Makila Kafé. De quoi donner une bonne claque aux représentations sur le handicap.

« Reconnaître à la personne handicapée ses qualités et ses compétences, et lui donner la possibilité de les exercer dans un poste adapté ou non », c’est l’ambition que s’était fixée la famille Malet, propriétaire de cet établissement, et d’autres adresses bordelaises.

« J’ai un ami qui est interprète en langue des signes et qui m’a sensibilisée au handicap. Nous souhaitions participer à l’intégration d’une personne handicapée dans le monde du travail. Mon ami nous a alors mis en relation avec l’association Trisomie 21 et du SAT Hors murs. L’association qui nous a présenté Toki » Charlotte Malet.

Un emploi avec des exigences

L’objectif de Toki soutenu par ses parents : décrocher un contrat de droit de commun en milieu ordinaire. D’ailleurs, c’est dans cette optique que la scolarité du jeune trisomique a été envisagée et organisée : collège à Pessac, lycée hôtelier de Blanquefort. Toki y a appris son métier. À son rythme, appuyant la théorie par des stages de pratique dans différents restaurants.

« Petit à petit, Toki est monté en compétence. Et la famille Malet était prête à l’accueillir dans son établissement », souligne Sonia Riahi, accompagnatrice d’insertion professionnelle du SAT (services d’aide par le travail) Hors murs Trisomie 21. « En amont, je me suis rendue au Makila Kafé pour rencontrer les salariés, lever les représentations et répondre à leurs éventuelles interrogations. L’occasion aussi de rappeler que le poste de Toki ne doit pas être une activité occupationnelle mais un véritable emploi avec ses exigences, répondant à des compétences et à une prise de responsabilité. »

La quasi totalité des clients porte un regard bienveillant sur Toki

Alors oui, il a fallu décomposer les tâches, apprendre au « petit nouveau » les habitudes de la maison et chaque jour, un nouveau menu… du jour. « Toki a besoin de repères dans l’apprentissage. Nous avons appris à lui en donner. Nous avons eu affaire à un jeune homme qui savait ce qu’il voulait, à savoir travailler en salle. C’était un vrai pari pour nous, entreprise de 60 salariés, qui avons un flux important avoisinant les 400 couverts par jour. Mais Toki s’est très bien adapté. Et il a beaucoup apporté à l’équipe par son enthousiasme. Il vient travailler et il est content de travailler. Un vrai bonheur pour un employeur. »

Enthousiasme contagieux

À son arrivée, le matin, le jeune serveur enfile sa chemise blanche et dresse les tables de la terrasse avant d’apprendre le menu du jour. Puis, les premiers clients arrivent et c’est Toki qui se charge de l’accueil. « Beaucoup ignorent son handicap. D’autres s’y intéressent. La quasi-totalité porte un regard bienveillant sur ce jeune serveur, aux gestes professionnels. En neuf mois, je n’ai été confrontée qu’à trois clients qui se sont permis des réflexions déplacées et que j’ai personnellement et immédiatement remis à leur place », ajoute Charlotte Malet.

Aujourd’hui, le SAT, employeur, et le Makila Kafé ont signé une convention de mise à disposition qui court jusqu’au printemps prochain. Trois jours par semaine, le jeune trisomique est en poste. Le reste de la semaine, il peaufine sa formation, et débriefe avec son accompagnatrice.

« Je me rends une fois par semaine sur son lieu de travail. L’objectif est d’espacer ces visites ainsi que les entretiens hebdomadaires et de le conduire ainsi vers l’autonomie », rappelle-t-elle.

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Handicap et loisirs : accompagnateurs exemptés de tous frais

À lire sur le site Le Reflet:

Les villes facilitent les loisirs des personnes handicapées

David Penven  Publié le 22 juillet 2016
Les personnes ayant un handicap peuvent pratiquer leurs loisirs aux côtés d’un accompagnateur afin de recevoir de l’aide. ©Depositphotos

Les personnes ayant un handicap peuvent pratiquer leurs loisirs aux côtés d’un accompagnateur afin de recevoir de l’aide.
©Depositphotos

Les personnes ayant un handicap intellectuel ou physique qui désirent être accompagnées lorsqu’elles participent à des activités récréatives ou cours organisés par les villes peuvent le faire. De plus, leur accompagnateur ne paye pas pour y assister.

C’est le message qu’ont tenu à rappeler les cinq municipalités de la région. Depuis 2013 elles appliquent un programme qu’elles ont conçu à cet effet Loisirs accessibles. Celui-ci a été créé notamment avec la collaboration de l’Association des personnes handicapées de la rive sud-ouest (APHRSO) à La Prairie.

«Par exemple, un jeune autiste qui assiste à un cours de peinture donné par la Ville pourrait se présenter avec son accompagnateur [bien souvent son père ou sa mère]. Le professeur n’est alors plus obligé d’intervenir [spécifiquement] auprès du jeune», explique Isabelle Leduc, chef de division – culture et vie communautaire au Service des loisirs à la Ville de Candiac.

 «On ne peut pas demander à des professeurs qu’on embauche pour des activités de loisirs de mettre des énergies sur une seule personne», intervient Marie-Josée Roy, directrice du Service des loisirs, de la culture et de la vie communautaire à Saint-Philippe.

Mme Roy précise que le programme ne s’adresse pas à un groupe d’âge spécifique, mais bien à tous. Idem pour le type d’handicap.

Par accompagnateur, on entend une personne dont la présence est nécessaire auprès de la personne handicapée afin qu’elle puisse y apporter une aide essentielle.

Intéresser les organismes

Mmes Leduc et Roy souhaitent faire connaître davantage ce programme, d’autant plus qu’aucuns frais ne sont exigés.

«Nous voulons que nos organismes s’approprient ce programme», mentionne Marie-Josée Roy.

Là également, les accompagnateurs seraient exemptés de tous frais.

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Municipalités participantes

Six municipalités proposent le programme de Loisirs accessibles, soit: Candiac, Delson, La Prairie, Saint-Constant, Sainte-Catherine et Saint-Philippe. Les personnes ayant une déficience intellectuelle, des troubles envahissants de développement, des troubles de la communication, une déficience visuelle ou déficience motrice sont visé par cette initiative.

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