« Le Ricochet » a fermé définitivement ses portes

A lire sur le site RTL Info:

L’asbl « Le Ricochet » ferme ses portes: « 23 enfants handicapés sont sacrifiés »

Le Ricochet

N’ayant pas trouvé le cofinancement indispensable à son fonctionnement, un centre qui s’occupait d’enfants présentant de lourds problèmes mentaux (et parfois sociaux) a dû fermer ses portes. Le médecin coordinateur de l’asbl est toujours sous le choc.

15 Septembre 2014 

C’est la fin d’un long combat: celui des fondateurs et des médecins d’une asbl qui s’occupait de 23 enfants en grande détresse.

Des enfants qui cumulent les problèmes: « Une pathologie pédopsychiatrique parmi les plus graves (autisme, psychoses ou troubles graves de l’attachement) ; un handicap mental léger à profond ; et une situation familiale problématique ayant entraîné dans la plupart des cas une intervention des services d’aide à la jeunesse ou de l’AWIPH (l’Agence Wallonne pour l’Intégration des Personnes Handicapées, NDLR) », nous a expliqué François Felgueroso, le médecin coordinateur.

« Le Ricochet », cette asbl fondée en novembre 2011, est à court de subventions et a fermé définitivement ses portes la semaine passée, après de nombreux mois de combat.

Les dégâts se font déjà ressentir

Une fermeture qui a des effets dramatiques sur les enfants très fragiles de cet établissement. « Depuis plusieurs mois, ils sont dans un climat d’incertitude, et ça les perturbe complètement« .

Certains enfants et adolescents présentent déjà depuis plusieurs semaines des « dégâts cliniques« , a poursuivi le médecin. « Il y a ces jumeaux autistes de 10 ans, ils avaient fait de gros progrès, ils étaient en phase de récupération et montraient une certaine autonomie grâce au Ricochet. Quand ils sont arrivés, ils mangeaient avec les mains et ne communiquaient pas du tout. On avait réussi à les faire manger avec un cuiller et à écrire, même si c’était sur les murs« , a détaillé avec émotion le docteur Felgueroso.

« Et là, on va les ramener chez leurs parents, à savoir une famille qui se déchire. C’est une catastrophe« .

Maltraitance institutionnelle

Un autre exemple dramatique est celui d’un enfant incontinent que l’asbl avait soigné, et qui a recommencé à faire ses besoins dans ses vêtements dès qu’on a dit qu’il devrait partir.

Choqué, ce médecin coordinateur, qui avoue « ne pas être là pour s’occuper des budgets« , ne mâche pas ses mots: « ce sont 23 enfants handicapés sont pris en otage et sacrifiés. J’appelle ça de la maltraitance institutionnelle« …

Pourquoi ferme-t-on l’asbl ?

Nous avons essayé de comprendre les raisons de la fermeture de l’asbl « Le Ricochet », dont l’utilité et les résultats étaient « reconnus par tout le corps médical« , selon le médecin.

Il s’agit, comme on l’imagine, d’une histoire de gros sous et d’allocation de subsides. Ces 23 enfants étaient en internat, c’est-à-dire soigné, logés, nourris et blanchis. Tout cela coûte cher.

« De 170€ par enfant et par jour pendant environ deux ans, les subsides sont tombés à 50€. Plus d’autres versements qui ont cessé. Les subsides ont été divisés par 6 au total« , nous a confié M. Felgueroso.

Impossible de payer tout le personnel et toutes les charges dans ces conditions. Après plusieurs mois de lutte, de pétition et d’appels à l’aide, « Le Ricochet » a donc fermé ses portes.

Qui a arrêté de payer ?

L’histoire est complexe, tout d’abord parce que les problèmes de ces enfants sont multiples. Vues les origines de leurs troubles, l’argent aurait du venir de trois institutions publiques différentes : « la Santé mentale dont les compétences sont scindées et en cours de transfert du fédéral vers le régional, l’AWIPH et l’Aide à la Jeunesse« , nous a expliqué Yves Polomé, directeur général adjoint du Service d’Aide à la Jeunesse.

Pour mieux comprendre la situation de l’asbl, M. Polomé est revenu à sa création, en novembre 2011. « L’asbl est une initiative qui nous a été proposée en 2011. Nous l’avons soutenue financièrement dans un premier temps, en expliquant bien qu’il s’agissait d’une période transitoire. A terme, nous avons toujours dit que le financement devait être partagé. Nous avons versé des subsides exceptionnels durant deux ans« .

Ensuite, il a fallu trouver d’autres sources de financement, qui aurait du être un triple cofinancement issu des trois institutions concernées.

Pas de terrain d’entente

« Mais un terrain d’entente avec la Santé mentale et l’AWIPH n’a pas été établi. Nous avons eu plusieurs concertations mais nous n’avons pas trouvé de solution« , a expliqué le directeur adjoint de l’Aide à la Jeunesse, dont les subsides normaux pour les centres sont de 19€ par jour et par enfant. « On a dérogé pour le lancement, en espérant ensuite qu’un cofinancement serait trouvé« . Mais ce ne fut pas le cas.

L’arrêt du financement par le SAJ est également lié aux contraintes budgétaires. « La SAJ pouvait financier un tiers de l’asbl, mais pas plus. Je n’ai pas un euro à dépenser. On est coincé par des logiques budgétaires« .

Et ce n’est pas forcément à cause de la crise, selon M. Polomé. C’est avant tout une « vision politique » et des choix d’attributions de budget.

Enfin, et ça n’a sans doute rien arrangé, « Le Ricochet », qui cherchait à tout prix une solution, a intenté une action en référé pour contraindre le SAJ de continuer à payer. Et le tribunal lui a donné tort…

Un moratoire du côté de l’AWIPH

Du côté de l’AWIPH, qui avait également été en contact avec les initiateurs du projet de l’asbl en 2011, on a aussi été très clair dès le départ. « On a dit qu’on ne pouvait pas s’engager à le financer », nous a expliqué Virginia Li Puma, porte-parole de l’agence.

De plus, entre temps, il y a eu un moratoire. « C’est une décision ministérielle, tombée en été 2013, et qui nous interdit depuis lors de subsidier des services » tels que ceux proposés par l’asbl.

Des « cas priotitaires« 

Pour autant, l’AWIPH nous assure que ces enfants privés de leur asbl ne sont pas livrés à eux-mêmes. Même si elle n’est responsable de la totalité des enfants, « on a des protocoles d’accord avec la Santé mentale, et on va s’en occuper« .

Les enfants de l’asbl « sont pris en charge et suivis par notre cellule prioritaire« . « C’est une équipe qui abat un travail de titan pour évaluer les problèmes des enfants et les réorienter au mieux vers d’autres centres« .

« La semaine passée, on avait des solutions pour 5 enfants. Pour 6 autres, il y a des solutions provisoires, tandis que 4 sont en attente« .

Des chiffres qui correspondent plus ou moins avec ceux du docteur Felgueroso, qui estiment que « 6 enfants sont sans place« . Le médecin coordinateur « va devoir les hospitaliser« , ce qui « n’est pas du tout leur place« . L’AWIPH nous a confié « ne pas être au courant » de ces placements forcés.

Conclusion

La fermeture de l’asbl « Le Ricochet », qui a aidé durant plus de deux ans 23 enfants présentant de lourds problèmes mentaux et/ou sociaux, met en lumière deux tristes réalités de notre société.

La première est administrative. N’est-il pas absurde de permettre à une asbl de ce genre de se lancer de manière temporaire, sans savoir si deux ans plus tard, un cofinancement pourra être trouvé? On parle de la santé mentale de 23 enfants. Les conséquences d’une fermeture si rapide de l’asbl auraient du être prises en compte au moment d’octroyer les premiers subsides.

La seconde est financière et politique. Les subsides sont limités – refrain: « c’est la crise » – et leur destination dépend forcément, à un moment donné, de la volonté ou du souhait d’une ou plusieurs personnes, quelles qu’elles soient. Un arbitrage inévitable, mais dont les conséquences sont parfois catastrophiques pour des enfants et des familles.

Un trophée ‘Special Olympics’?

A lire sur le site  RTL Sport:

La demande très touchante de Kevin De Bruyne pour les athlètes atteints de déficience mentale

Kevin de Bruyne demande un trophée Special Olympics

Par cette initiative, le milieu de terrain de Wolfsburg et des Diables Rouges veut briser, une fois pour toutes, les tabous qui persistent autour des athlètes atteints de déficience mentale.

15 Septembre 2014 

Kevin De Bruyne, ambassadeur depuis quelques semaines des Special Olympics Européens, qui se disputent au 9 au 20 septembre dans la province d’Anvers, réclame l’instauration d’un trophée ‘Special Olympics’ qui serait décerné lors du Gala du Sport 2014. Il est soutenu dans cette campagne par Kim Gevaert et Jean-Michel Saive.« Pourquoi pas la même reconnaissance? »Chaque année le monde sportif belge célèbre traditionnellement ses stars au Gala du Sport. Dans les six catégories sont élus le Sportif de l’année, la Sportive de l’année, l’Espoir de l’année, le Coach de l’année, l’Équipe de l’année et l’Athlète Paralympique de l’année. Il en manquerait pourtant un: l’Athlète ‘Special Olympics’ de l’année. « Pourquoi ne donnons-nous pas la même reconnaissance aux athlètes atteints de déficience mentale que celle que nous donnons aux autres« , se demande De Bruyne. Il invite les gens qui partagent cet avis à aimer et partager son message vidéo diffusé sur SpecialOlympianOfTheYear.be.

Évaluation en éducation inclusive – Un colloque en février 2015

A lire sur le site A.N.A.E. Revue:

Colloque – Éducation inclusive, la question de l’évaluation – 2-3 fév 2015

inclusion evaluation toulouse anae

Colloque International

Éducation inclusive, la question de l’évaluation : des représentations aux pratiques évaluatives

2 – 3 février 2015 – Toulouse

Organisé par L’UMR MA 122 Education Formation Travail Savoirs  – Université de Toulouse Jean Jaurès  – École Nationale de Formation Agronomique Toulouse

La thématique de cette manifestation concerne la question de l’évaluation pour l’éducation inclusive.

  • Quelles sont les pratiques en matière d’évaluation dans un contexte inclusif et pour une éducation inclusive ?
  • Sur quelles représentations se basent ces pratiques ?
  • A quels dilemmes sont confrontés enseignants et formateurs ?
  • Comment se situent ces pratiques dans un contexte international ?

La manifestation prendra la forme d’un colloque organisé sur deux journées.

Elle rassemblera des chercheurs dans le domaine des sciences de l’éducation, de l’ethnologie et de la psychologie, mais aussi des professionnels de terrain (enseignants, formateurs, éducateurs spécialisés, chefs d’établissements, inspecteurs, représentants d’associations de personnes en situation de handicap…).

Des apports et des débats organisés avec ces professionnels concernés et impliqués dans ces dispositifs permettront mesurer les enjeux  d’une évaluation inclusive.

Pour les enseignants et les formateurs, il s’agit de faire face à des questions complexes :

  • Évaluer : débattre des valeurs sous-jacentes de l’évaluation : quels sont les acteurs de l’évaluation et leur formation ? Quelle évaluation des compétences (et dans quelles conditions d’exercice) des personnes à besoins particuliers tout au long de leur parcours ?
  • Adapter et diversifier l’évaluation en prenant en compte les capacités et les compétences des personnes à besoins particuliers.
  • Permettre la confrontation et la mutualisation de dispositifs d’évaluation existants : pour et vers une reconnaissance institutionnelle ?

Au cours de ce colloque, 3 axes de réflexion seront privilégiés :

  1. La question de l’égalité et de l’équité sera interrogée en prenant appui sur les propositions de l’Agence européenne pour le développement de l’éducation des personnes présentant des besoins particuliers : « La mise en œuvre, au sein de l’enseignement ordinaire, d’une méthode d’évaluation qui vise à accompagner le mieux et le plus loin possible les élèves dans leurs apprentissages. L’objectif général de l’évaluation est de promouvoir l’inclusion de tous les élèves présentant un risque d’exclusion, y compris les élèves présentant des besoins éducatifs particuliers »[1].
  1. Les pratiques évaluatives seront étudiées et une attention particulière sera portée à l’agir évaluatif de l’enseignant et du formateur, à travers l’incidence des gestes évaluatifs des enseignants pour les élèves à besoins particuliers. Les représentations professionnelles des acteurs, leurs implications et engagements seront au cœur de la réflexion.
  1. Une réflexion sur l’évaluation par compétences sera conduite. La prise en compte du statut de l’élève, de ses besoins, de ses difficultés ou handicaps mais aussi de ses capacités, réinterroge la conception de la compétence et en particulier celle de son évaluation dont les dispositifs ne pourront plus laisser pour compte les potentialités des apprenants.

Informations et appel à communications en ligne à l’adresse suivante :

http://blogs.univ-tlse2.fr/efts3/

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Merci à @UrapeiNordPdC et @anaerevue d’avoir attiré mon attention sur le sujet.

Une formation en ligne gratuite et interactive

A lire sur le site de l’Association du Québec pour l’intégration sociale (AQIS):

Choisir et Agir. Une formation en ligne interactive

 

Préparez votre séance de formation. Choisissez les activités selon les besoins de vos apprenants et explorez les chapitres du programme Choisir et agir.

  • Les droits et les responsabilités
  • Une communication claire
  • Les actes criminels
  • L’aide et les ressources

Choisir et Agir
Introduction

10 min.
Gratuit
S’engager dans une démarche de formation comme celle suggérée par le programme Choisir et Agir, c’est offrir des outils pratiques aux personnes qui présentent une déficience intellectuelle pour les soutenir dans la protection de leurs droits et l’utilisation de leurs pouvoirs personnels au quotidien. En tant que formateur ou animateur, vous serez appelé à jouer un rôle déterminant dans ce cheminement.
Information :
Ce cours requiert un navigateur récent (Google Chrome, Firefox, Safari, Internet Explorer 9 et +). Des haut-parleurs ou écouteurs sont requis. La résolution minimale supportée est de 1024 pixels par 768 pixels.

Choisir et Agir
Se connaître soi-même pour mieux accompagner

25 min.
Gratuit

Choisir et Agir
Planifier sa formation

25 min.
Gratuit

Choisir et Agir
Survoler la structure du programme

30 min.
Gratuit

Choisir et Agir
Conclusion

5 min.
Gratuit

Gabrielle Beaulieu liked this post

Scots with intellectual disability and the referendum

To read on The Guardian website:

Note: Learning disability in UK is the same thing than intellectual disability elsewhere.

How will Scots with learning disabilities be voting in the referendum?

We ran workshops for people with learning disabilities looking at issues surrounding independence and how to vote
Ian Hood   

‘Often people with learning disabilities are told by support staff, ‘you don’t really understand, and therefore you shouldn’t vote’.’ Photograph: Murdo Macleod

At the Learning Disability Alliance Scotland we have been determined that people with learning disabilities should have every chance to be involved in the country’s political debate.

We have run 52 workshops across Scotland with more than 700 people looking at issues surrounding independence and how to vote. We started from the basis that there should be no « understanding » test. Often people with learning disabilities are told by support staff, « you don’t really understand, and therefore you shouldn’t vote ». But if they like the look of a particular politician and want to trust them, why not?

But we also wanted to make sure people with learning disabilities could explore different ways of deciding on more complicated issues. Yet neither the yes nor the no camp published « easy read » information until late into the campaign. So some of our activist groups prepared their own.

Others went off to the Scottish parliament to interview Labour’s Jackie Baillie, who runs the cross-party group on learning disabilities, and the SNP’s Joan McAlpine, whose sister has Down’s syndrome. They made a short video outlining what difference the referendum would make for people with learning disabilities.

Those taking part found the workshops fun with lots of questions to think about. Who likes Flower of Scotland and who likes God Save the Queen? Who thinks that losing the pound is a good reason for voting no? Will the oil make us rich? Everyone gets a voting handset, just like in Who Wants to Be a Millionaire, and the answers come up on the screen. We knew we were on to a winner when someone told us: « You’re better than that lot on the telly. »

But this wasn’t information being delivered from above. The workshops were continually changed, depending on feedback from the people taking part. The participants told us what they wanted to know more about and then we went to Yes Scotland and Better Together to get the answers. A video was produced in which 20 people with learning disabilities give their opinion on the referendum, and it was used to help people decide.

But this is not just about the referendum, it is the latest stage in a process of increasingly engaging people with learning disabilities on mainstream issues. At the later workshops more people have been coming along wearing campaign T-shirts and badges.

And the results: 37 workshops went for yes, 10 for no and five were a dead heat. The total count was:

yes – 400 (56%)

no – 207 (29%)

don’t know – 114 (16%).

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Thanks to @SCLDNews and @irissorg to have drawn my attention on this article.