L’intégration scolaire des enfants fribourgeois handicapés

À lire sur le site La Gruyère:

L’intégration, objectif louable, mais exigeant et chronophage

Les petits Fribourgeois souffrant d’un handicap sont désormais intégrés dans les écoles ordinaires. Depuis deux ans en effet, la scolarisation intégrative est devenue l’option pédagogique de base pour les enfants atteints d’autisme, de trisomie, présentant des déficiences intellectuelles ou des troubles de l’apprentissage. Des cas légers, des cas plus lourds. L’an passé, ils étaient 590 à s’asseoir sur les bancs des écoles ordinaires du canton, bénéficiant d’appuis intégratifs gratuits.

L’intégration participe du mouvement international visant l’égalité des droits et des chances pour les personnes handicapées. Elle est aussi vue comme un moyen efficace, et les recherches le démontrent, de réduire leur marginalisation. Les enfants qui les côtoient deviendront des adultes qui accepteront les personnes différentes.
Sur le papier – dans les cinquante pages du Concept de pédagogie spécialisée du canton de Fribourg adopté en mars 2015 par le Conseil d’Etat – le projet est formidable, estime Virginie Burri, secrétaire du Syndicat des services publics (SSP) responsable du groupe enseignement. Sur le terrain, force est de constater certaines difficultés qu’un angélisme naïf ne contribuerait pas à améliorer. L’intégration demande beaucoup de temps et d’énergie aux enseignants titulaires.

Charge de travail
L’an passé, une enseignante gruérienne, après avoir accueilli dans sa classe primaire un enfant avec un handicap mental, s’est retrouvée en burn-out. Non à cause de cet enfant – nombre d’enseignants souffrent d’ailleurs d’épuisement sans avoir un enfant intégré – mais à cause de la surcharge de travail que sa gestion, en plus de celle des autres élèves, a induit. Dans un contexte de réformes à appliquer, d’augmentation de l’hétérogénéité des classes et des élèves avec des troubles du comportement, la multiplication de ses préparations, rapports et réunions pour son élève intégré fut insupportablement chronophage.
L’exemple est extrême, mais n’est pas isolé. «L’intégration a des conséquences significatives, souligne Virginie Burri. Elle peut péjorer la qualité de l’enseignement et la santé des enseignants. Non pas à cause de l’intégration elle-même, mais parce que les moyens nécessaires pour parvenir à la rendre optimale et enrichissante sont largement insuffisants.»

Enseignants spécialisés
La Direction de l’instruction publique (DICS) reconnaît que «l’intégration implique une attention particulière de la part de l’enseignant qui est responsable de la classe. C’est pourquoi il est épaulé par l’enseignant spécialisé ainsi que par les collaborateurs pédagogiques du Service de l’enseignement spécialisé et les responsables des services d’intégration», rapporte sa conseillère scientifique, Marianne Meyer Genilloud. Et de rappeler que les intégrations sont régulièrement évaluées et qu’en cas «de problèmes graves», leur fin peut être décidée.

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Il a inventé un vélo pédagogique pour les élèves ayant une déficience intellectuelle

À lire sur le site Radio-Canada:

Gabriel Couture : trouver l’exemple pour réussir

Gabriel Couture
Gabriel Couture   Photo : ICI Estrie/Carl Marchand
vélo pédagogique

Le vélo tango, créé par Gabriel Couture Photo : YouTube/Université de Sherbrooke

« L’élève est placé dans une situation où il pense qu’il est seul. Éventuellement, ça devient de plus en plus sécurisant et il peut aller vers un vélo normal », raconte le jeune diplômé.

« Je ne suis pas capable. J’ai peur. »

Il a d’ailleurs pu l’expérimenter lui-même. Assis à l’arrière, l’enseignant a pu rouler avec une élève qui n’était jamais montée sur un vélo à deux roues. La peur qui l’animait s’est transformée en fierté d’avoir surmonté un obstacle.

« Ç’a nourri mon âme. Au départ, c’était une « patente », je ne pensais pas que ça allait fonctionner! » lance-t-il.

Gabriel Couture

Gabriel Couture Photo : ICI Estrie/Carl Marchand

J’ai donné un outil pédagogique réutilisable à une école qui est bon pour la vie. C’est formidable! C’est plus qu’un projet de baccalauréat.

Gabriel Couture

Le fait d’être capable de rouler sur un vélo standard est loin d’être anodin. Il faudra des mois, voire peut-être un an à un élève avec une déficience intellectuelle pour y arriver. Mais ce temps, il faut le prendre, insiste Gabriel Couture. Et si on arrive à rouler aujourd’hui, qui sait ce qui peut arriver?

« Il faut beaucoup de confiance pour eux. Il faut leur donner la chance de réaliser des choses. On se sert souvent d’exemples de réussite pour plus tard, pour leur apprendre d’autres choses. »

Gabriel Couture admet que l’exemple de réussite l’a lui aussi changé et lui a fait comprendre qu’il avait ce qu’il fallait pour enseigner à des élèves atteints de déficience intellectuelle.

« Au départ, je ne pensais pas que j’étais capable. »

Gabriel Couture

Gabriel Couture Photo : ICI Estrie/Carl Marchand

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