Charles-Antoine Kouakou a un tempérament de vainqueur

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Athlétisme : Charles-Antoine Kouakou, déficient mental et champion de sprint

Christophe Lacaze-Eslous| 20 juillet 2018
Charles-Antoine Kouakou

Charles-Antoine Kouakou sera ce vendredi au départ de la finale du 200 m des INAS Summer Games. D.R.

Déficient mental, Charles-Antoine Kouakou, 20 ans, est le meilleur sprinter tricolore en situation de handicap sur 200 m. Il dispute la finale des Summer Games ce vendredi à Charléty (Paris, XIIIe).

Avec son allure longiligne, il a la morphologie parfaite du sprinter. Mais ne demandez pas sa taille (1,86 m) à Charles-Antoine Kouakou. L’athlète de 20 ans est incapable de la donner. Déficient mental depuis sa naissance à Paris (XIVe), il ne sait ni lire ni écrire ni compter. Ce qui ne l’empêche pas de briller sur les pistes du monde entier.

Charles-Antoine sera ce vendredi au départ de la finale du 200 m des INAS Summer Games, la plus grande compétition sportive européenne pour des athlètes de haut niveau en situation de handicap mental et/ou psychique. Après une 2e place jeudi sur 400 m, il visera le titre sur la distance au stade Charléty (XIVe).

Champion du monde INAS du 200 m l’an passé, vice-champion sur 400 m, il a découvert l’athlétisme sur le tard. C’est vers 13 ans, au sein de son IME (institut médico éducatif) à Drancy (93), qu’Emmanuelle Mougel, sa professeure de sport, le remarque. Très vite, ses capacités naturelles reviennent aux oreilles des responsables de la FFSA (Fédération française de sport adapté), qui l’invitent en stages.

Objectif : les Jeux paralympiques de Tokyo de 2020

A 18 ans, ce fils d’employés sur les bateaux-mouches intègre l’ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) du Bourget (93), où il travaille au service des espaces verts. Dès qu’il termine sa journée à 16h15, il passe prendre son sac chez ses parents Porte de Vanves et file au club d’Antony 92. Sous les ordres de Vincent Clarico, son coach, il s’entraîne 6 heures par semaine avec les valides. « Ils sont tous gentils avec moi, confie-t-il. Etre avec des athlètes de bon niveau me permet d’améliorer ma technique. »

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Charles-Antoine Kouakou a pour habitude de s’entraîner avec les valides./FFSA/Thierry Quehen

Ses records personnels (22’’25 sur 200 m, 49’’35 sur 400 m lors du Mondial, à Bangkok en mai 2017) en témoignent. « Notre objectif est d’aller aux Jeux paralympiques de Tokyo dans 2 ans, prévient Frédéric Drieu, son entraîneur au Pôle France. Si d’ici-là il s’approche des 48’’ sur le 400, il montera sur le podium. La marge de progression de Charles-Antoine est importante. Il a un tempérament de vainqueur. »

Même s’il a l’expérience des grands rendez-vous, le Parisien est encore loin d’être parfaitement autonome : « Charles-Antoine met du sens dans tout ce qu’il fait, mais il n’a pas la notion du temps, car il fonctionne en demi-journées, raconte Frédéric Drieu. (…)

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