Limoges – Permettre l’accès aux soins avec un nouveau service de consultations

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Un nouveau lieu pour soigner les maux physiques des personnes atteintes d’un handicap mental à Limoges

Publié le 30/06/2018

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Patricia Bailleux, médecin généraliste, est responsable du centre Handi Consult Limousin. © Brigitte AZZOPARD

Le centre hospitalier Esquirol de Limoges a ouvert, début juin, Handi Consult Limousin, un centre de consultations en soins somatiques pour des patients souffrant d’une déficience intellectuelle.
Comment diagnostiquer la souffrance physique d’une personne en situation de déficience intellectuelle ou de handicap mental, un être qui ne sait pas exprimer sa douleur autrement que par des troubles du comportement (cris, agressivité, automutilation) ? Le centre hospitalier Esquirol vient d’ouvrir à Limoges un centre de consultations de soins somatiques, c’est-à-dire en lien avec le corps, pour ces patients un peu à part, baptisé « Handi Consult Limousin ». Une nouvelle offre susceptible d’intéresser les proches d’enfants ou d’adultes vivant à domicile ou les personnels de structures médico-sociales des trois départements limousins.

« On estime qu’un million de personnes en France souffrent d’une déficience intellectuelle » (*), explique Patricia Bailleux, médecin généraliste, responsable du centre, qui assure les consultations avec sa consœur Marie Lemonnier-Garot. « Or, la douleur et la santé physique de ces patients ne sont pas correctement prises en charge. Leur espérance de vie est plus courte d’environ vingt ans, et ce n’est pas seulement parce que beaucoup cumulent avec des malformations ou pathologies : ils sont mal ou pas soignés parce que compliqués à examiner. »

Une consultation jusqu’à deux heures

À Handi Consult, tout est fait pour permettre l’accès aux soins. Dans les conditions d’accueil tout d’abord. Lors de la prise de rendez-vous, un questionnaire est rempli afin de préparer la consultation en amont, connaître les habitudes de vie du patient, anticiper ce qui pourrait le perturber. Le jour J, il n’y a pas d’attente. « Il n’est pas question de les faire patienter », poursuit le docteur Bailleux. Les locaux, repeints uniformément en blanc, à la lumière tamisée, avec une odeur neutre, ont été refaits pour ne pas susciter d’angoisse. « Un parfum, une couleur vive peuvent en effet créer du stress. »

La consultation en elle-même dure entre une heure et demie et deux heures « parce qu’il ne faut pas être pressé par le temps ». Une batterie d’examens peut y être réalisée : prise des constantes (température, tension, taille, poids), électrocardiogramme, bilan sanguin complet…

Gaz hilarant, contention douce…

Afin d’ausculter sans avoir recours à la force, le personnel dispose d’un matériel adapté : du MEOPA (mélange d’oxygène et de protoxyde d’azote), plus connu sous l’appellation de gaz hilarant, afin de détendre le patient s’il est agité, de provoquer une « sédation consciente » ; le « papoose board », un dispositif de « contention douce » des membres ; un appareil médical étonnant qui permet d’illuminer les veines sous la peau et donc de les trouver immédiatement pour planter l’aiguille.

Du matériel pour faciliter les soins, comme cet appareil qui permet de visualiser les veines avant une prise de sang

À côté du cabinet de consultations, le plateau technique de l’hôpital Esquirol est aussi mis à disposition pour, si besoin, des soins dentaires, gynécologiques, neurologiques, des radiographies, des bilans visuels…

(…)

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