Dans le Morbihan, un taux record de manque de places pour les adultes ayant une déficience intellectuelle

À lire sur le site Le Télégramme:

Handicap mental. Deux jeunes adultes dans l’impasse

Morbihan

Sévèrement touché par le manque de solutions d’accueil pour les jeunes adultes handicapés mentaux, le Morbihan affiche un taux record de handicapés de plus de 20 ans maintenus en institut pour jeunes et enfants dans le bassin de Lorient.

Difficile de donner un âge à Marjorie et Sébastien, 26 et 27 ans, tous deux atteints de déficiences mentales depuis leur naissance. Trisomique 21 souffrant également de troubles autistiques, Marjorie Arzel s’exprime essentiellement en reproduisant les sons de ses interlocuteurs. Renfermé, mais amoureux depuis Noël dernier, Sébastien Hedon s’achemine lentement vers un avenir en autonomie. Le jeune homme semble aujourd’hui capable de vivre seul moyennant une aide restreinte. Contrairement à Marjorie, domiciliée à l’institut médico-éducatif (IME) de Kerdiret, à Ploemeur, depuis 20 ans, le Ploemeurois a déserté la structure au bout de 15 ans pour rejoindre le foyer parental. « Les accès d’angoisse de Sébastien avaient tendance à empirer, il avait besoin de vivre autrement. Les IME ne sont pas adaptés aux jeunes adultes », explique sa mère Gisèle Hedon.

Deux adultes dans une structure pour enfants et adolescents

Comme Marjorie et comme Sébastien durant des années, pas moins de 67 handicapés de plus de 20 ans sont actuellement contraints de prolonger leur séjour dans des structures conçues pour les 6/20 ans dans le bassin lorientais. Cette dérogation, permise depuis 1989 par l’amendement dit Creton, génère un engorgement croissant depuis une dizaine d’années. Outre le manque de solutions de logement pour les adultes placés en IME – 163 personnes retenues en IME, dans le Morbihan -, les plus jeunes peinent davantage à intégrer des lieux de vie initialement conçus à leur intention. 45 familles patientent ainsi sur la liste d’attente de l’institut de Kerdiret, qui dispose de 83 places (lire ci-dessous).

Les toilettes elles-mêmes sont à taille d’enfant.

Les jeunes handicapés prennent la direction de la salle de classe, s’installent à la grande table centrale pour un échange.

Autour, des petites banquettes délimitant un coin lecture qui évoque l’aménagement des classes maternelles. À portée de main, des jouets pour enfants, des albums jeunesse et une caisse de ballons colorés. Le décalage entre l’âge des adultes accueillis et les équipements est saisissant lorsque l’on parcourt le lieu. Les toilettes elles-mêmes sont à taille d’enfant.

On le sait, on y pense tout de suite : c’est la galère d’une vie

« À la naissance, c’est un coup de poignard dans le dos », témoigne la mère de Marjorie, Véronique Arzel, qui n’a appris la trisomie 21 de sa fille que 15 jours après son accouchement. « Ensuite, on le sait, on y pense tout de suite : c’est la galère d’une vie », renchérit Ghislaine Langlet, mère de Lucie, 15 ans, également déficiente depuis la naissance.

Après la honte, la combativité

Les premiers problèmes se profilent souvent dès l’âge de 5 ou 6 ans, au terme des classes de maternelle. « Le diagnostic de Marjorie a été très long », indique son père. « Pendant ce temps-là, on tâtonne, le temps passe et le dossier administratif gonfle ». « Après la honte, c’est le temps de la combativité », ajoute Ghislaine Langlet. La problématique de la prise en charge se pose parfois plus tard, vers 12 ans, lorsque l’Éducation nationale ne propose plus de parcours spécialisés.

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