Une réflexion autour du rapport au corps dans la déficience intellectuelle

corps

Justine Bossé. Photo Facebook.

À lire sur le site Dumas:

UNIVERSITÉ DE BORDEAUX
Collège Sciences de la Santé
Institut de Formation en Psychomotricité
Mémoire en vue de l’obtention du Diplôme d’Etat de Psychomotricien

Prendre corps

Apport de la psychomotricité dans la construction corporelle d’adolescents

déficients mentaux

BOSSÉ Justine
Née le 27 décembre 1995, à Nantes (44)
(…)
Juin 2017

SOMMAIRE: Introduction…………………………………………………………………………………………………………..4

PARTIE I. La construction corporelle………………………………………………………………………6

A. Qu’est-ce que la construction corporelle?……………………………………………………………………..6
B. Quelles sont les étapes de la construction corporelle?……………………………………………….9

C. Conclusion…………………………………………………………………………………………………….24

PARTIE II. Rencontre avec une population d’adolescents déficients intellectuels …………….25

A. L’adolescence…………………………………………………………………………………………………25
B. La déficience intellectuelle……………………………………………………………………………..34
C. Une ouverture au monde limitée…………………………………………………………………….37

D. Conclusion…………………………………………………………………………………………………….40

PARTIE III. La construction corporelle chez les individus déficients mentaux…….41

A. Les perturbations pendant l’enfance………………………………………………………………42
B. Les difficultés durant l’adolescence…………………………………………………………………51

C. Conclusion…………………………………………………………………………………………………….58

PARTIE IV. L’apport de la psychomotricité dans la construction corporelle d’adolescents déficients mentaux–Exemple de prises en charge en IMPro…………59

A. La psychomotricité au sein de l’IMPro…………………………………………………………….59
B. Les prises en soin psychomotrices………………………………………………………………….61
C. Rencontre avec Emilie……………………………………………………………………………………76

Conclusion………………………………………………………………………………………………………………89

Bibliographie………………………………………………………………………………………………………….91
Table des matières…………………………………………………………………………………………………94
Annexe……………………………………………………………………………………………………………………97

 

 

INTRODUCTION

«Il n’est pas automatique de posséder un corps qui nous appartienne personnellement.»

Gauthier, 2001

Mon premier contact avec la déficience intellectuelle remonte à 2013. Je m’étais alors proposée pour accompagner bénévolement des cavaliers adultes présentant un retard mental durant une promenade à cheval. Je me rappelle d’un moment en particulier. Alors qu’Anna 1 était installée sur le cheval pendant que je tenais les rennes, je  m’exclamais «attention à la branche!». La jeune femme m’avait alors regardée, perplexe, n’initiant aucun  mouvement pour se baisser afin de ne pas se cogner la tête. Elle n’avait pas compris ce que je lui signifiais.

Cette expérience m’a amenée à me questionner sur l’impact de la déficience intellectuelle au niveau du corps. En effet, cette pathologie est plutôt responsable de troubles cognitifs. Pourtant, en psychomotricité, où le lien corps-esprit est au centre de la pratique, nous pouvons nous interroger sur les répercussions que de telles difficultés pourraient avoir au niveau du vécu corporel du sujet.

Si les mots ne font pas sens, si l’esprit ne permet pas d’établir des connexions entre un fait énoncé et la réalité extérieure, comment l’individu peut-il s’organiser corporellement dans l’action et agir sur son environnement extérieur?

Cette réflexion se rappellera à moi lors de mon stage de troisième année de psychomotricité, dans un Institut Médico-Professionnel (IMPro) qui accueille des adolescents déficients mentaux. Dans la cour de récréation, je constatais avec étonnement la difficulté de certains à mettre leur corps en mouvement de façon volontaire. Des tâches qui nous paraissent automatiques, comme enjamber un obstacle ou fermer son manteau, deviennent parfois une épreuve pour certains adolescents.

Par conséquent, je m’interroge sur les phénomènes permettant la mise en place d’un corps «maîtrisé». Comment acquérons-nous le «contrôle» de notre corps, ou plutôt, par quels mécanismes nous l’approprions-nous? Finalement, comment prend-t-on corps?

(…)

Ce phénomène m’apparaît d’emblée comme étant le fruit d’une construction, et non pas quelque chose d’inné. Je me questionne alors sur les conséquences de la déficience intellectuelle sur cette «construction corporelle». Le développement cognitif étant éminemment lié à la structuration du corps, je fais l’hypothèse que le retard mental de l’individu aura un impact au niveau corporel.

A l’adolescence, le corps change avec l’entrée dans la puberté. Nous pouvons présupposer que cela va venir perturber les acquisitions précédentes. Le phénomène d’appropriation du corps, qui s’est déroulé pendant l’enfance, va ainsi être suivi d’un nécessaire travail de réappropriation.

Qu’en est-il de l’adolescent déficient mental? Quel rapport entretient-il avec ce corps qui change ? Et quelle compréhension a-t-il de cette période de transition?

(…)

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Justine Bossé. Prendre corps : apport de la psychomotricité dans la construction corporelle
d’adolescents déficients mentaux. Médecine humaine et pathologie. 2017. <dumas-01562005>

 

 

 

 

 

 

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