Japon – La stérilisation forcée a été abolie en 1996

À lire sur le site Ouest-France:

Japon. Trois victimes de stérilisation forcée attaquent l’État

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Japon. Manifestation en soutien aux victimes de stérilisation forcée, le 17 mai 2018. | Photo : AFP

Trois Japonais, qui ont subi une stérilisation forcée au cours de leur adolescence, ont porté plainte ce jeudi contre le gouvernement. Ils réclament à l’État un dédommagement. Les autorités ont reconnu que 16?500 personnes avaient subi une opération pour les empêcher de procréer dans le cadre d’une loi eugéniste visant les personnes souffrant d’un handicap mental héréditaire.

Le mouvement de protestation contre les stérilisations forcées prend de l’ampleur au Japon. Trois Japonais qui ont subi cette opération à l’adolescence ont porté plainte ce jeudi contre le gouvernement. Ils considèrent que leur vie a été gâchée par cette intervention effectuée dans le cadre d’une loi eugéniste.

Ces nouvelles actions en justice interviennent après un premier cas intervenu plus tôt cette année. «J’espère que les autres victimes, qui ont souffert pendant des décennies comme moi, vont protester aussi et se joindre à nous, a déclaré à la presse un plaignant de 75 ans en venant déposer son dossier auprès du tribunal de Tokyo. Je veux que le gouvernement reconnaisse la vérité et me rende ma vie».

«Une violation de la Constitution»

Comme des milliers d’autres, ce septuagénaire a été stérilisé à l’adolescence. Lorsqu’il s’est marié quelques années plus tard, il n’a rien dit à sa femme et ne lui a fait ce terrible aveu que peu de temps avant qu’elle ne décède, en 2013. Il réclame aujourd’hui à l’État une indemnité de 30 millions de yens (230 000 euros), a précisé son avocat Naoto Sekiya.

Deux autres personnes ont déposé plainte simultanément dans d’autres régions du pays. «Le Parlement n’a pas seulement échoué à prendre des mesures (pour abolir cette loi), l’administration aussi a failli en mettant en œuvre des dispositions qui étaient clairement une violation de la Constitution, y compris à l’époque», a souligné le juriste.

Une loi visant les personnes souffrant d’un handicap mental

Les autorités ont reconnu que quelque 16?500 personnes ont subi une intervention chirurgicale pour les empêcher de procréer. La loi, instaurée en 1949 et restée en vigueur jusqu’en 1996, visait des personnes souffrant de handicap mental héréditaire.

Environ 8?500 personnes ont été opérées avec leur consentement, selon les statistiques officielles, même si des juristes estiment qu’elles ont été «de facto forcées», du fait des pressions exercées sur elles ou leurs familles.

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