Le papa de Louise raconte la mort de son enfant rêvé

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Ce que j’ai réalisé avec la trisomie de ma fille, c’est que le handicap change tout, et il ne change rien

Quand j’imaginais avoir des enfants, je voyais des mini-moi , mais en mieux. Mon enfant idéal a disparu quand Louise est née.

mort

Rémy Bellet
Ce que j’ai réalisé avec la trisomie de ma fille, c’est que le handicap change tout, et il ne change rien.

Je suis le papa de Paul et de Louise. Paul a deux chromosome 21 alors que Louise en a trois.

Je m’appelle Remy et quand j’imaginais avoir des enfants, je voyais des mini-moi , mais en mieux. Ils seraient chercheurs, ils seraient rois, ils changeraient l’humanité, ils seraient tout ce que je pouvais fantasmer pour moi-même. Mon enfant idéal a disparu quand Louise est née. Tous les enfants imaginés passent à la trappe. Mais c’est en général lent. Une agonie dont le paroxysme s’appelle l’adolescence, rébellion et acné en option. Mais le mien est mort d’un coup. Un matin de janvier.

Un médecin est venu me dire que Louise avait une trisomie21. Quatre mots épais qui ont déferlé sur moi comme le Vésuve sur Pompéi. Est resté figée dans l’effroi toute ma candeur parentale.

(…)

Quand j’imaginais avoir des enfants, je me voyais dans un film aux couleurs sépia tournoyant dans un champs de coquelicots, un petit dans chaque bras, et le sourire ultrabright. Je ne me voyais pas le pied tordu sur un Lego en pleine nuit. Je ne me visualisais pas assis sur un siège en simili cuir vert a me ronger le frein tandis que le chirurgien fait son travail Je ne m’imaginais pas en pleurs à la maternité.  (…)

Je n’imaginais pas ces matins gris ou il faudrait extirper du lit des nez morvés et des corps mous car toujours endormis – mince il ne reste que 45 minutes – mon dieu, mon dieu on va être à la bourre, vite une crêpe industruelle, un slip, un coup de peigne et une couche changée trop lourdement chargée qui tombe de la table à langer. Je ne savais pas en devenant papa que j’en serais là. Je ne savais pas qu’en prime, le handicap viendrait tout changer sans finalement rien changer. Et surtout je ne savais pas que pour survivre à tout cela, je serai capable d’un amour aussi absolu.

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