Un nouveau projet pour les Bonnes Bouilles de Bouillac

À lire sur le site La Vie:

En Dordogne, un lieu de vie pour jeunes adultes handicapés mentaux

Bouillac

Pour mieux intégrer les personnes handicapées dans la société, des parents d’enfants trisomiques ont créé une association afin d’ouvrir un lieu d’accueil à la ferme.

Tout a commencé autour d’un étal de charcuterie sur le marché de Belvès, à quelques kilomètres de Sarlat, en Dordogne. Depuis plusieurs années, chaque samedi, un éleveur de porcs gascons y pratique la vente directe de ses produits. Soutenu par une clientèle fidèle, ce père de famille a pris l’habitude de se faire assister par son fils, Jules, jeune adulte trisomique. « Pour ne pas le cacher, pour lui donner une place dans la cité, pour lui confier un travail qui le rende heureux », témoigne son ami retraité, Jean-Pierre Servoir, lui-même papa d’un fils handicapé. D’ailleurs, le jeune homme qui réside toute la semaine dans un ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) de la région est si fier d’accompagner son père le week-end qu’il ne s’est jamais fait prier pour l’aider dans son commerce.

« C’est l’occasion pour lui de se sentir utile et de rencontrer des gens différents », poursuit Jean-Pierre Servoir. De cette expérience familiale et de l’amitié entre ces deux pères est née, il y a deux ans, l’association les Bonnes Bouilles de Bouillac, les 3 B. A l’appui de cette initiative sur le marché de Belvès, l’association a initié la création d’un lieu de vie et d’accueil dont elle assurera la gestion une fois que l’Agence régionale de santé aura donné son agrément. Situé dans un domaine de 6 hectares, partagé avec la ferme où habite déjà la famille de Jules, ce lieu de vie – dont l’aménagement est en cours – pourra accueillir sept adultes handicapés mentaux, relativement autonomes, pour des séjours de courte durée, d’environ quelques semaines. Le bâtiment actuel – une grande bâtisse traditionnelle – permet sur 330 m² la création de cinq chambres, de pièces à vivre, d’un bureau de permanence et d’un logement indépendant.

En complément de l’élevage de porcs et de la basse-cour, les développements futurs prévoient la création d’un verger, d’un jardin pédagogique selon les principes de la permaculture, ainsi que d’un gîte individuel pouvant accueillir un couple de personnes handicapées mentales. « En accueillant ces jeunes adultes handicapés et en leur proposant des activités extérieures, notre objectif est de faciliter leur intégration dans le tissu local et de permettre aux personnes dites normales de porter sur eux un autre regard », souligne Jean-Pierre Servoir, trésorier de l’association, dont il est l’un des cofondateurs. « Nous voulons que les personnes handicapées redeviennent visibles dans l’espace public et retrouvent une place dans la société, en toute bienveillance. »

Pour les Bonnes Bouilles de Bouillac, ce lieu de vie, qui emploiera cinq salariés à temps plein, sera comme une famille d’accueil élargie, garantissant une qualité de vie. Son statut associatif d’utilité publique impliquera que le prix de journée demandé couvre, sans aucun bénéfice, les dépenses d’accueil et d’animation. Le séjour poursuivra un objectif d’émancipation de chaque personne handicapée mentale prise en charge. Un projet personnalisé accompagnera l’évolution de leur handicap, en concertation avec les structures médico-sociales concernées. « Nous serons en permanence à l’écoute des souhaits de la personne accueillie aussi bien que de sa famille », affirme Jean-Pierre Servoir.

Avec leurs bonnes bouilles, les jeunes qui le souhaiteront pourront participer aux activités de la ferme et se rendre sur les marchés locaux pour vivre la même expérience que Jules et son père, en multipliant les contacts avec la population. Entre boudins, jambons et saucissons, les barrières tombent et l’appréhension laisse place au partage et aux rires. Une belle manière de sensibiliser le public au handicap mental et d’expliquer la mission de l’association directement aux clients. « Il existe de très bonnes structures dans notre département, comme les Instituts médico-éducatifs (IME), mais les handicapés y sont souvent enfermés », regrette Jean-Pierre Servoir.

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