Indignés par la décision de Walmart? Que penser de tout le reste?

À lire sur le site Journal de Montréal:

Le Walmart qui cache la forêt

Josée Legault 
Indignés

Avant de pointer le géant Walmart, le ministre Gaétan Barrette aurait dû se garder une petite gêne.  Photo d’archives, Sarah-Maude Lefebvre

Sans avertissement ni explication, Walmart a mis fin à son programme d’emploi pour personnes avec une déficience intellectuelle (DI). La nouvelle, avec raison, en a choqué plusieurs. Même le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, l’a déplorée.

Or, la vérité est autrement plus large. Aussi brutale soit-elle, la décision de Walmart, c’est l’arbre qui cache la forêt. La forêt, c’est le délabrement réel des services, toutes catégories confondues, auxquels les personnes déficientes ont pourtant droit. Tout particulièrement chez celles qui sont adultes ou vieillissantes.

La forêt, c’est aussi le soutien famélique offert à leurs proches aidants. Walmart a posé un geste ignoble. Mais il ne faudrait pas que sa grossièreté masque la réalité déshumanisante que vivent plusieurs des plus de 200 000 Québécois déficients par un manque croissant de services sociaux de qualité.

Petite gêne

C’est pourquoi, avant de pointer le géant Walmart, le ministre Barrette aurait dû se garder une petite gêne. Au lieu de verser ses larmes de crocodile, il aurait dû commencer par agir pour que cessent les pertes de services pour les personnes déficientes et leurs proches.

Étant moi-même la proche aidante de ma sœur déficiente intellectuelle de 55 ans, je le sais. En cela, je ne suis qu’une parmi tant d’autres à vivre l’épuisement venant avec le manque de ressources alors que les milliards pleuvent sur les médecins. La réalité crue est que les drames humains se multiplient.

Chez tous ceux et celles qui vivent cette situation, la véritable urgence est pourtant connue. Le Québec a besoin d’une vraie stratégie nationale pour les personnes déficientes intellectuelles et, plus largement encore, pour tous les proches aidants. Les deux sont liés, mais nous n’avons ni l’une ni l’autre.

Malgré ses milliards de dollars en surplus, le gouvernement a laissé les choses aller. Combien de familles épuisées se voient aussi obligées de « placer » leur enfant, sœur ou frère déficient adulte dans une ressource intermédiaire (RI) inadéquate pour leurs besoins ?

Un plan global

Les mêmes RI dont les listes d’attente sont de 7 à 12 ans (!). Les mêmes auxquelles le gouvernement offre des dizaines de milliers de dollars par année et par résident pendant qu’il lance des miettes aux familles aimantes.

À quand le grand ménage dans ce fouillis scandaleux ? À quand une vision globale et humaniste pour les Québécois déficients intellectuels adultes et leurs familles ? À quand aussi plus de ressources d’hébergement de qualité qui ne seraient ni des « parkings » ni des ghettos ?

(…)

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