Le tourisme pour personnes ayant une déficience intellectuelle

À lire sur le site Courrier picard:

Les handicapés de Haute-Somme acheteurs et acteurs de leurs vacances

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Face à Mathilde et Aurélie, deux membres d’un tour operator spécialisé, les questions des clients ont fusé. Principalement sur les activités. Les tarifs pessant au second plan.

Partir en vacances quand on souffre d’un handicap, mental ou physique, c’est toujours compliqué. Le trajet, l’hébergement, l’accompagnement… Face à tant de contraintes, bon nombre de personnes souffrant d’un handicap renoncent au dépaysement et à partir au soleil.

Ces quelques mots étaient d’actualité au siècle dernier. Étaient, car depuis plusieurs années, la donne a changé. Éric Dheilly est le directeur de l’Établissement et services d’aide par le travail (Esat) d’Allaines et d‘Albert. Le handicap, il connaît, et il est catégorique : «  Beaucoup ne partaient pas en vacances face à la peur de l’inconnu, face à la peur d’aller dans une agence de voyages. Aujourd’hui, partir en vacances est très facile pour les personnes souffrant d’un handicap. Comme tout le monde, ils ont besoin de décompresser et de ne plus être avec leurs parents, leurs aidants. Ils travaillent, ils gagnent de l’argent et ils peuvent établir un budget avec leur tutelle, afin de préparer un séjour avec des organismes spécialisés  ».

« Seuls, on ne pourrait pas s’occuper de tout, c’est trop compliqué »

Et ces vacances, c’est la farniente garantie. Visites touristiques, plage, sport, sieste, repas, soirées. Des vacances on ne peut plus classiques auxquelles ont déjà participé Benoît Sapin et Christine Lunant.

Le premier a 41 ans et habite Corbie. Il travaille à la blanchisserie d’Albert et vit avec sa maman. La seconde a 58 ans, habite Warloy-Baillon et travaille dans le conditionnement, également à Albert. Tous les deux ont participé, il y a quelques jours à Allaines, à un forum de vacances adaptées, organisé par Éric Dheilly. Forum où trois organismes spécialisés étaient venus présenter leurs possibilités (lire ci-contre).

« Je fais des rencontres, je flirte »

«  Je connais déjà ces organismes, je suis déjà parti avec eux et c’est vraiment bien, raconte Benoît Sapin. Tout le monde s’occupe bien de nous, les trois semaines passent très vite et nous n’avons pas le temps de nous ennuyer. Quand ça se termine, tout le monde pleure car personne ne veut rentrer chez soi, dans toute la France. Je fais des rencontres, je flirte, c’est vraiment bien qu’on s’occupe de nous comme ça car seuls, on ne pourrait pas s’occuper de tout, c’est trop compliqué  ».

Benoît est catégorique : ces vacances sont «  géniales  ». Soit le même mot qui émane de la bouche de Christine qui «  travaille toute l’année pour partir en vacances. J’étais déjà partie avec mes parents en République Dominicaine, et je suis venue me renseigner pour y retourner  ». Une venue pour rencontrer les spécialistes des Tours operators. «  C’est plus facile que sur internet, car je ne sais pas me servir d’un ordinateur. Elles répondent à toutes mes questions. Pour partir en vacances, c’est comme tout le monde, il n’y a pas de secret, il faut mettre des sous de côté !  »

Une épargne qui n’est pas plus chère pour eux que pour quelqu’un d’autre. À titre d’exemple, trois semaines sur la Côte d’Azur, tout compris, y compris le voyage et la pension complète : 2 339 €.

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Des vacances ordinaires pour un public extraordinaire

Pour partir en vacances, les agences et leurs catalogues ou les sites internet sont légion. Il est parfois bien difficile de s’y retrouver. Alors quand ces vacances sont destinées à une clientèle particulière, il faut des spécialistes.

Chez OK Vacances, un opérateur basé près de Saint-Étienne, ils sont quatre à proposer des vacances de rêve à des personnes souffrant d’un handicap. «  Nous sommes spécialisés dans le tourisme pour déficients intellectuels, expliquent Mathilde Celette (responsable du recrutement) et Aurélie Trumeau (responsable des hébergements). Nos séjours sont encadrés par un accompagnateur pour 5 ou 6 adultes. Les séjours prennent tout en compte, le transport, l’hébergement, les animations et visites ainsi que la restauration  ».

Et ces séjours se font «  en milieu ouvert, au milieu d’autres touristes. Nous prônons l’intégration  », expliquent les deux jeunes femmes qui présentent les animations proposées aux vacanciers : «  Il y a bien sûr des visites, des parcs animaliers, des parcs à thème comme le Puy du Fou ou le Marineland d’Antibes. Les possibilités sont nombreuses  ». Des vacances qui attirent chaque été 900 personnes (300 l’hiver).

Contrairement à Monsieur Tout-le-monde, les questions que leur posent le plus souvent leurs clients ne sont pas d’ordre financier, mais sur le déroulement des vacances. «  C’est ce qui les intéresse le plus, comment ça se passe. Nous leur expliquons alors que nous les prenons en charge de chez eux, par zone de résidence, et qu’il y a ensuite des points de passage, de rassemblement, à Orléans et à Villefranche, en fonction des destinations choisies  ».

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