L’intégration par la culture de légumes bios

À lire sur le site La Petite Nation:

Des légumes bios à saveur sociale

Louis-Charles Poulin Publié le 7 août 2017
légumes

Plus d’une vingtaine de personnes avec une déficience intellectuelle s’impliquent dans la production de légumes bios dans Les Serres Bio de l’Outaouais.
©Photo TC Media – Louis-Charles Poulin

SERRES. Chaque jour, Les Serres Bio de l’Outaouais accueillent plus d’une vingtaine de personnes vivant avec une déficience intellectuelle qui viennent dans ce milieu d’intégration sociale pour y développer plusieurs compétences. 

Dans cette coopérative à but non lucratif, des personnes de tout âge se côtoient afin de s’occuper de la production de nombreux légumes bios variés qui sont ensuite revendus sur place, au 895 rue Dollard à Buckingham, ou expédiés ailleurs. Les Serres Bio de l’Outaouais produisent des concombres anglais et libanais, des poivrons, des haricots, des fines herbes, des pousses de tournesol et petit pois, des fleurs comestibles et surtout beaucoup de tomates beef, cerises et italiennes. «On a vraiment une excellente saison. Ça produit très bien et on a même trop de stock. Notre problème en ce moment, c’est qu’on a de la difficulté à écouler notre inventaire, parce qu’on n’est pas assez connu», fait savoir la directrice Ketsia Johns. «On veut vraiment que la population s’approprie de plus en plus le magasin. Par rapport à des produits bios qu’on retrouve à l’épicerie, nos prix sont presque toujours moins chers. En plus, c’est frais, c’est de bonne qualité, c’est local et ça aide directement des gens de la communauté», souligne-t-elle.

Mme Johns croit qu’il devrait exister plus d’endroits comme Les Serres Bio de l’Outaouais pour offrir un milieu d’épanouissement à davantage de personnes dans le besoin. «Il y a peu de services pour les personnes de plus de 18 ans avec une déficience intellectuelle. Ici, c’est un lieu où ces personnes se sentent valorisées et sont très fières de ce qu’elles accomplissent. Je pense que c’est un projet qui devrait être répliqué ailleurs, parce que travailler dans des serres c’est thérapeutique pour n’importe qui», croit celle qui espère pouvoir offrir cette opportunité à des personnes avec un handicap physique éventuellement.

Il faut que les gens viennent plus en magasin et que je me trouve de gros clients.

Ketsia Johns

«L’un des objectifs, c’est que les membres de la coop réussissent à se trouver un autre emploi ailleurs par la suite. Il y en a certains pour qui ça fonctionne et pour d’autres c’est plus difficile», informe Mme Johns qui mentionne que les personnes avec une déficience ne sont pas rémunérées au même titre qu’un travailleur, mais reçoivent quand même un montant d’argent représentant le maximum qu’ils peuvent recevoir pour ne pas se faire enlever l’aide social. En plus des usagers de la coop, l’endroit compte cinq personnes sur son conseil d’administration, quelques employés qui réalisent certaines tâches plus complexes et aussi une enseignante de la CSCV qui accompagne les usagers.

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