La Fondation Ensemble connaît des difficultés

À lire sur le site Le Courrier:

Les employés de la Fondation Ensemble s’impatientent

Mercredi 24 mai 2017
Eric Lecoultre
Fondation Ensemble

Sept semaines après nos révélations sur les dysfonctionnements au sein de la Fondation Ensemble, le personnel réclame un changement d’organisation.

Tout reste encore à faire au sein de la Fondation Ensemble, une institution subventionnée par l’Etat qui prend en charge environ deux cents personnes avec une déficience intellectuelle. Lundi soir, une douzaine d’employés issus de tous les secteurs de l’entreprise se sont rendus dans les locaux du syndicat SIT. En colère, ils demandent que des mesures immédiates soient prises afin d’améliorer l’organisation de la fondation, rongée par des dysfonctionnements. «Début avril, nous avons demandé en vain une rencontre avec le département de tutelle [celui des Affaires sociales], déplore Jean-Luc Ferrière, secrétaire syndical. Les autorités ne semblent pas considérer l’urgence de la situation pour le personnel.»

Dans nos éditions du 31 mars et du 4 avril, nous révélions des problèmes internes à la fondation, envenimés notamment par l’engagement d’un coach de la direction qui y avait placé son réseau professionnel, sa compagne et fait engager sa propre agence de communication. Si ces mandats ont depuis été résiliés par la direction, les employés n’observent pas de changements dans le fonctionnement de l’institution. «La situation au quotidien est toujours délétère», poursuit M. Ferrière.

Ils ont depuis décidé de se regrouper afin d’alerter le conseil de fondation et le département. Le 10 avril dernier, réunis en assemblée générale, de nombreux employés ont rédigé une résolution de trois pages, soutenue par trois quarts des collaborateurs. Ils ont notamment écrit: «Dans cette situation de crise majeure, le personnel exprime une rupture totale de la confiance avec la direction générale dont les décisions mettent en danger les prestations, voire la pérennité de la fondation et ne correspondent plus aux valeurs qui l’ont fait naître et la définissent.»

Un épuisement constant

Au SIT, les membres de la délégation reviennent en détail sur les dysfonctionnements qu’ils subissent au quotidien. En premier lieu, l’épuisement qui touche les employés dans toutes les institutions de la fondation. «Certaines équipes sont livrées à elles-mêmes, les temps de pause sont réduits», explique une employée. «Il manque partout des collègues. Si les prestations auprès des bénéficiaires sont maintenues, c’est parce que nous faisons tampons», ajoute un autre, tout en précisant que certaines activités, comme les sorties à la piscine ou des camps de vacances, sont parfois abandonnées.

Une fatigue traduite également par des démissions. La liste est longue: «Cinq personnes sur une équipe de dix-sept ont démissionné depuis août», précise une déléguée. «Trois sur quinze dans mon institution», ajoute son collègue. Dans un atelier, on compterait pas moins de six congés longue durée.

Et de déplorer les graves lacunes de communication entre l’équipe de direction et la base. «Nous avons tenté de faire re-monter nos problèmes, comme les burn out, mais nous ne sommes pas entendus. La direction juge qu’il s’agit de cas personnels», regrette une déléguée. Pour d’autres, les messages envoyés à la hiérarchie restent parfois des semaines sans réponse, malgré les relances.

«Alerté, la réponse du conseil de fondation – lénifiante – consiste à dire que tout est sous contrôle et que ce sont les employés qui sont mal organisés», poursuit Jean-Luc Ferrière. Faute de recours à l’interne, les employés et les syndicats SIT et SSP se sont tournés vers le Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS), qui subventionne la fondation à hauteur de 17 millions de francs. Ce dernier a indiqué qu’il devait préalablement enquêter sur la situation.

Recommandations de l’Ocirt

Depuis la semaine dernière, il dispose des conclusions rendues par l’Office cantonal de l’inspection des relations du travail (Ocirt) qui a mené une enquête il y a un an au sein de la fondation. À l’instar des collaborateurs, nous avons eu accès aux six mesures recommandées par l’office, sans pouvoir consulter ses observations. L’Ocirt invite les dirigeants de la fondation à mieux former ses cadres, clarifier leur rôles, renforcer la communication ou encore mettre à disposition des employés une personne de confiance «offrant des conditions de confidentialité adéquates».

(…)

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