France – Un exemple de famille d’accueil

À lire sur le site Le Républicain Lorrain:

Moselle : familles d’accueil pour personnes dépendantes

L’accueil familial pour personnes âgées ou handicapées permet d’éviter l’hébergement en institution, mais demande un vrai engagement des accueillants comme Martine Nimeskern, qui exerce ce métier depuis 2015.

Hélène ASSEKOUR.   Le 26/03/2017

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Sylvie et Charly en plein bricolage sous le regard de leur accueillante Martine Nimeskern. Photo Karim SIARI

Avant, j’étais animatrice dans un hôpital, mais je ne supportais plus la structure. Je trouvais qu’on n’arrivait plus bien à s’occuper des gens. » C’est pour continuer à « s’occuper des gens » dans un autre cadre que Martine Nimeskern a décidé de devenir accueillante familiale à titre onéreux, un statut soumis à un agrément délivré par le conseil départemental (Lire ci-contre).

À la maison aujourd’hui avec elle, Charly et Sylvie, tous deux porteurs de handicap mental, décorent avec colle et bouts de papier colorés l’une un cadre, l’autre une boîte à mouchoirs, attablés dans la salle à manger. Sans proche pour les prendre en charge dans de bonnes conditions, et plutôt que de se retrouver dans des établissements spécialisés, ils vivent depuis environ deux ans au domicile de Martine Nimeskern, dans cette grande maison de Charleville-sous-Bois. Contre environ 1 450 € par personne accueillie, dont la moitié en salaire, la mère de famille assure leur hébergement et leur bien-être. À l’étage, chacun d’entre eux a sa propre chambre avec, accroché à la porte, un petit tableau noir où leur nom est écrit à la craie. Espace, lumière et personnalisation, on est loin des chambres d’hôpital. Dans celle de Charly, un orgue électronique. « Mon père était musicien » explique-t-il. Les deux sont parfaitement rangées. C’est que Charly et Sylvie y font le ménage une fois par semaine : l’emploi du temps de la maisonnée est bien rodé. « Le matin, on les réveille, on prend le petit-déjeuner, puis ils font une marche de cinq kilomètres, raconte Martine Nimeskern. Après le repas, on va se promener au village ».

Les mercredis, le programme est un peu différent : fast-food le midi et activités créatives l’après-midi, avec quelques enfants et l’autre famille accueillante du village. Et tout au long de l’année, sorties au zoo, au restaurant, à la piscine, au cinéma ou encore au bowling. Le groupe est même allé à Europapark en Allemagne l’année dernière. Une richesse d’activités que les institutions peuvent rarement se permettre, et qui ravit Sylvie et Charly.

Mais si le dispositif enchante les personnes accueillies, il souffre d’un déficit d’image. « Tout le monde me disait « mais t’es folle, ne fais pas ça, tu vas être enfermée, tu ne vas pouvoir rien faire », raconte Martine Nimeskern. » L’accueil familial est effectivement un engagement de tous les instants, même si avoir la possibilité d’être remplacé est obligatoire pour obtenir l’agrément. Martine Nimeskern, elle, prend ses congés lorsque Charly et Sylvie partent en vacances, deux fois par an. Le reste du temps, les deux accueillis sont totalement intégrés au foyer. Sans être perçus comme une présence envahissante.

(…)

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