Désengagement de l’État, besoins criants

Désengagement

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Les oubliés

En cette semaine où le gouvernement Couillard réinvestit enfin pour désengorger les tribunaux et les urgences, de nombreux Québécois attendent encore réponse à leurs besoins pourtant criants. On ne parle pas de juges ni de médecins, mais de personnes vulnérables qui font rarement les manchettes.

On parle ici de personnes handicapées intellectuelles adultes. Vendredi dernier, des regroupements qui les défendent, dont le Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle, ont sonné l’alarme.

En conférence de presse, leurs constats documentés glaçaient le sang. Au fil des compressions et des fusions bureaucratiques, l’État se désengage peu à peu envers les personnes handicapées adultes vivant en ressource intermédiaire (RI) ou en attente d’une place.

Les RI sont des résidences privées gérées par des particuliers, mais subventionnées par les contribuables. Les «places» sont donc allouées par les méga CIUSSS — Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux.

Pas tous « sauvés »

Le premier ministre jure que son gouvernement a «littéralement sauvé le Québec» avec son déficit zéro. À entendre défiler les témoignages déchirants à cette conférence de presse, le «sauvetage» en a oublié plusieurs.

S’il est vrai qu’il existe des RI de qualité, les listes d’attente pour une «place» sont interminables. Ces organismes de défense des personnes handicapées notent aussi qu’elles sont de plus en plus rares. Quant aux RI qui sont inadéquates, les problèmes rapportés varient selon les ressources, mais ils sont nombreux et troublants. Plusieurs lacunes graves ont aussi été dénoncées par le Protecteur du citoyen dans ses rapports.

On parle de constats de négligence, de régressions ou d’abus. De services déficients pour l’habillement, l’alimentation, l’hygiène, les sorties ou le suivi médical. De standards de qualité réduits. De l’absence d’une formation normée pour les responsables de RI. De préposés sous-payés et parfois en nombre insuffisant «sur le plancher».

Il y a trop de roulement de personnel. Le soutien continu des RI par les CIUSSS manque à l’appel. Des éducatrices sont peu présentes et le soutien clinique, mal adapté. Le financement est insuffisant et les services, inégaux. L’encadrement et le contrôle de la qualité des RI sont problématiques. Des «jumelages» de résidents adultes sont mal préparés. L’adaptation de nouveaux résidents à une RI peut aussi échouer par manque de supervision. Sans compter la peur de représailles si les gens se plaignent trop.

Humanisme

Face à l’indifférence du gouvernement, des familles en attente sont épuisées, laissées à elles-mêmes ou carrément en détresse. Sans compter le vieillissement qu’on préfère ignorer. Etc.

Alors, que faut-il faire? Tout le contraire. Ça crève les yeux et ça s’appelle de l’humanisme. (…)

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