Jeux Paralympiques et handicap mental

Jeux Paralympiques et handicap mental

Lucas Créange. Photo France Info

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Jeux paralympiques (même les questions bêtes)

Marie-Adélaïde Scigacz   Publié le

Pourquoi n’y a-t-il pas de catégorie pour les athlètes trisomiques ? Contre qui peut jouer un pongiste sans bras ? Certains athlètes trichent-ils ? Franceinfo répond aux questions que vous n’osez pas poser.

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Il y a des gens qui ont déjà fait semblant d’être handicapés pour gagner ? 

Les gens sont fourbes ! Quelques scandales ont émaillé l’histoire des Jeux paralympiques. (…)

Pour le handicap mental, la triche peut se manifester différemment, voire spectaculairement, comme dans le cas de l’équipe espagnole de basket, en 2000, à Sydney. Inscrite dans la catégorie déficience mentale, elle a décroché l’or en écrasant la Russie, grâce à une équipe composée de 10 joueurs (sur 12 !) en parfaite possession de leurs capacités intellectuelles. Peu après leur victoire, l’un des joueurs, Carlos Ribagorda, en réalité un journaliste sous couverture, a vendu la mèche, détaillant comment lui et ses coéquipiers n’avaient jamais subi de test pour évaluer (notamment) leur QI. De même, il assurait avoir repéré d’autres tricheurs dans les équipes adverses et, comble du glauque, révélait que leur coach les encourageait à « avoir l’air stupide ».

Donc il y a aussi des athlètes handicapés mentaux ? 

Il existe bien cette année une catégorie consacrée aux athlètes souffrant de déficience mentale. Créée en 1996, elle avait été supprimée après le scandale espagnol de Sydney en 2000, avant d’être réintroduite à Londres, en 2012. Entre-temps, les méthodes de contrôle ont été renforcées : en plus d’un test de QI (il faut obtenir moins de 75 pour participer), les athlètes doivent prouver que leur condition les empêche de réaliser des tâches quotidiennes, mais aussi qu’elle les limite dans la pratique du sport dans lequel ils concourent. Soit une pléthore de tests, détaillés dans le magazine Time (en anglais). Cette fois, les critères sont établis sport par sport, par les fédérations internationales.

La déficience intellectuelle reste largement sous-représentée (18 des 528 médailles en jeu, selon le calcul de Buzzfeed), avec des compétitions dans seulement trois sports : l’athlétisme, la natation et le tennis de table. Dans cette discipline, vous pourrez notamment suivre le Français Lucas Créange.

Ils n’ont pas des Jeux juste pour eux ?

Non. Enfin, pas tout à fait. Les Special Olympics sont des olympiades créées en 1968 et reconnues par le CIO, mais elles n’ont pas grand-chose à voir avec les Jeux paralympiques. Si ces derniers privilégient la performance, en faisant s’affronter l’élite des disciplines, les Special Olympics s’appuient sur une philosophie radicalement différente, où les athlètes ne sont pas disqualifiés en fonction de leurs résultats et obtiennent tous une récompense, de la médaille d’or au simple ruban de participation. L’objectif est d’inciter les concurrents à se dépasser et de promouvoir l’inclusion sociale des personnes qui vivent avec un handicap mental.

Y a-t-il des handicaps « interdits » aux Jeux ?

En théorie, tous les handicaps peuvent être pris en compte. Mais, dans les faits, le système de classification pose quelques problèmes, à commencer par la place des athlètes porteurs de trisomie 21. Et pour cause : leur handicap n’entre dans aucune catégorie définie. Techniquement, ils peuvent concourir avec les déficients mentaux, mais sont alors désavantagés physiquement par rapport à leurs concurrents, explique cet article de la chaîne australienne ABC.

Pour pallier ce manque tout en gardant l’espoir de voir se créer une catégorie propre à ce syndrome, la Fédération italienne du sport adapté a organisé en juillet, à Florence, les premiers Trisome Games, dédiés aux athlètes trisomiques. Les Français y ont raflé 23 médailles.

En attendant, le Comité paralympique maintient qu’il n’est pas pertinent de créer une telle catégorie. 

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Lire l’article complet, qui aborde d’autres catégories de handicap.

 

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