Artistes déficients intellectuels cherchent galerie

À lire sur le site du Journal de Montréal:

Pas facile de sortir de l’ombre pour les artistes handicapés

Camille Gaior   Mercredi, 20 janvier 2016

CAMILLE?GAÏOR/24H

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Des artistes atteints de déficience intellectuelle peinent à trouver où exposer leurs œuvres.

Gilles Grégoire n’a pas beaucoup de mots pour s’exprimer, mais son visage et ses œuvres colorées suffisent à comprendre la passion qui l’habite lorsqu’il tient un pinceau.

À 67 ans, ce peintre qui a plus de 25 ans de carrière derrière la cravate, espère pouvoir percer un jour. Si aucune galerie n’a pour le moment accepté ses œuvres, sa plus grande fierté reste d’avoir été jumelé à Armand Vaillancourt lors de l’exposition «D’un oeil différent», qui présente des œuvres d’artistes ayant ou pas une déficience intellectuelle.

CAMILLE GAÏOR/24H

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Éviter le ghetto

«Je ne suis pas contre les expositions dédiées aux personnes ayant une déficience intellectuelle, mais je trouve que ça fait un peu ghetto, lance Stéphane Cayer, responsable de l’atelier d’art au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (CRDITED) de Montréal. J’aimerais sortir mes artistes de ça et les exposer dans des galeries traditionnelles.»

CAMILLE GAÏOR/24H

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Mais le marché de l’art conventionnel ne semble à prêt à accueillir ses créateurs, selon lui.

«Quand je présente des œuvres, certains galeristes refusent par peur que le travail ne soit pas constant ou pas toujours bon», poursuit M. Cayer, qui démarche maintenant des restaurants pour donner une chance à la dizaine d’artistes qu’il représente.

Des artistes assidus

Dans l’atelier de 800 pieds carrés situé au coin du boulevard Pie-IX et de la rue Ontario, Gilles Grégoire, Reine Durocher, Ansovina Dolce et les autres laissent aller leur talent. Un travail assidu qu’ils pratiquent près de 5 jours par semaine jusqu’à accumuler plus de 400 œuvres dans le fond de la pièce.

«Ce qu’on fait ici ce n’est pas récréatif, ajoute M. Cayer. C’est plus une formation, car ces artistes n’ont pas accès aux écoles traditionnelles qui demandent un minimum de secondaire V.»

Un milieu difficile

Au-delà des barrières du handicap, ce serait surtout la complexité du milieu qui serait en cause, selon plusieurs.

«La plupart des artistes visuels vivent très mal, rappelle Robert Ascah, vice-président du conseil d’administration l’Écomusée du fier monde. Ce n’est pas étonnant que ce soit encore plus difficile pour les personnes ayant une déficience.» (…)

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