Kevin est en contrat d’apprentissage

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Handicap. Norbert donne sa chance à Kévin

Norbert Lesne, éleveur porcin à Plélo, et Kevin Belot (en vert), son apprenti.

Norbert Lesne, éleveur porcin à Plélo, et Kevin Belot (en vert), son apprenti.

14 novembre 2015 / Alix Froissart

Norbert Lesne, éleveur porcin à Plélo, a embauché il y a deux mois son premier salarié. Cet apprenti, Kévin Belot, souffre d’un léger handicap mental. La semaine pour l’emploi des personnes handicapées débute lundi.
Une photo avec un porcelet ? Pas de problème ! Kévin Belot, visiblement à l’aise, attrape le petit animal en deux secondes, d’un geste assuré. « J’ai beaucoup progressé », se réjouit le jeune homme de 19 ans. Il est en contrat d’apprentissage par alternance depuis deux mois et pour deux ans à Plélo, chez Norbert Lesne. Ce naisseur engraisseur a repris en 2010 l’exploitation familiale. Ses 32 truies et 400 porcs en sevrage et engraissement sont élevés sur de la paille et nourris sans antibiotiques ni OGM, avec des céréales cultivées par l’exploitant. Ce qui compte pour lui, « c’est le bien-être de l’animal et le bien-être de l’éleveur. C’est impossible d’employer quelqu’un sur une petite exploitation. D’où l’idée d’avoir un apprenti. C’est à la fois une main-d’oeuvre accessible et la possibilité de transmettre à un jeune cette passion. »
Cap Emploi a mis en relation l’éleveur et le jeune homme, qui souffre d’un léger handicap mental. « On a fait connaissance, Norbert est venu chez moi », raconte Kévin. Le jeune homme effectue ensuite deux jours de test dans l’exploitation. « C’était particulier parce qu’il y avait des mises bas. Kévin était impressionné, c’est normal », sourit l’éleveur. « Mais quand on a fait les premiers soins, il se débrouillait. » Un tableau pour aider Kévin Bien sûr, il a fallu quelques adaptations. Norbert Lesne en cite un exemple : « J’ai commencé par montrer les choses à Kévin. Vu qu’il y avait des oublis, j’ai pensé à un support visuel. » L’éleveur a donc affiché un tableau blanc avec la liste des tâches à effectuer par son apprenti. « Je lui ai dit : « Dès que tu fais une opération, tu vas au tableau et tu fais une petite étoile. Si tu te sens bien, tu retournes le tableau et tu fais sans. Si tu as un doute, tu retournes le tableau pour vérifier. » Comme ça, il n’y a pas de problème de manque de confiance. C’est rassurant pour lui et pour moi. »
Kévin est accompagné par l’association Adapt Grafic : sa conseillère, Céline Le Bescont, vient le voir un jour par semaine « pour expliquer des points scolaires et les tâches qu’il n’a pas compris. » Elle suit aussi le jeune homme au centre de formation des apprentis (CFA) de Pommerit-Jaudy, où il prépare son Capa MA (certificat d’aptitude professionnelle agricole, métiers de l’agriculture). L’Agefiph (Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des handicapés) prend en charge une partie du contrat, qui coûte donc moins cher à l’employeur. Norbert Lesne ne regrette pas son choix : « On n’a fait que deux mois sur les deux ans. Tout n’est pas parfait, ce n’est que le début, mais c’est satisfaisant. »  (…)

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