La sexualité, un droit fondamental pour tout être humain

A lire sur le site du Courrier Picard:

OISE Les personnes handicapées aussi ont le droit d’aimer

Publié le 13/02/2015   FANNY DOLLÉ

L’Adapei de l’Oise vient de remporter un prix saluant son projet sur l’accompagnement à la vie affective et sexuelle des personnes handicapées mentales. Un tabou se lève.

sexualité

L’amour a été présenté aux usagers, sous différentes formes : jeu de société, théâtre, groupe de parole, séance de cinéma…

C’est un droit fondamental pour tout être humain. Pourtant, la sexualité chez les personnes handicapées mentales reste encore un sujet difficile à aborder dans la société d’aujourd’hui. Depuis 2010, l’association départementale de parents, d’amis et de personnes handicapées mentales (Adapei) de l’Oise tente de faire évoluer les mentalités, en permettant aux adultes, en situation de handicap mental, d’accéder à une vie affective et sexuelle dans le respect de leurs demandes et de leur vulnérabilité.

Ce travail vient d’être salué par l’Agence régionale de la santé (ARS) qui vient de lui décerner un prix dans le cadre du concours « Droits des usagers de la santé ».

Jusqu’à un passé récent, la sexualité des personnes handicapées mentales était souvent occultée, portée par une vision caricaturale : celle de l’ange, cet adulte resté au stade de l’enfance. «  Or la personne handicapée est un être humain à part entière, avec ses rêves, ses désirs, des projets de vie à deux  », observe Martine Michel, directrice du service habitat à l’Adapei de l’Oise.

Un jeu de société comme outil d’éducation sexuelle

Dans les établissements de l’Adapei, l’interdit était également porté par les professionnels qui souhaitaient garder de la distance avec ces questions touchant à l’intime. «  Dès 2010, on a entrepris une démarche de formation afin que surveillants de nuit, psychologues, personnels éducatifs ou infirmiers puissent être en mesure d’ajuster leurs interventions en fonction de la situation.  »

Une charte a été affichée dans les établissements et diffusée aux professionnels, aux familles et aux usagers. Durant ces cinq ans, l’accompagnement à la vie affective et sexuelle s’est décliné sous différentes formes : jeu de l’oie, séance de cinéma ; pièces de théâtre ou groupes de parole, où les usagers peuvent exprimer leurs interrogations, dépasser leurs craintes ou exprimer leurs rêves. «  On ne parle pas uniquement de sexe. On va par exemple expliquer la différence entre l’amour et l’amitié. Ce sont des concepts qui ne sont pas palpables, c’est compliqué pour eux de comprendre  », explique Noémie Gosselin, monitrice éducatrice, en charge du groupe consacré à la parole des hommes, au foyer de la Liovette, à Beauvais.

Un livret traduit en langage facile à comprendre

Le respect de soi, des autres ou de la loi est au cœur de chaque discussion. De ces expériences communes, l’association a édité un livret, qui sera traduit, cette année, en langage facile à lire et à comprendre (FALC) pour que tous les usagers puissent en saisir le message.

Après cinq ans à travailler sur cette délicate question, est-ce que les relations hommes-femmes se sont apaisées au sein des foyers ? David Levaire, chef de service au secteur Habitat, au foyer de la Liovette, veut le croire. «  Pour la Saint-Valentin, les équipes éducatives sont de plus en plus sollicitées, que ce soit pour des réservations au restaurant ou pour l’achat de petits cadeaux !  » Dans leur logement de 25 m², les résidants n’hésitent plus à acheter un lit double pour inviter son ami(e) à dormir. Afin de donner un coup de pouce à Cupidon, l’association a même organisé, l’an dernier, une soirée dansante à Beauvais pour permettre aux résidants de rompre leur isolement.

La question du couple au sein du collectif

(…)

Lire l’article complet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *