Roger Job, photographe et Mathieu Delrez, athlète spécial

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Le handicap sublimé par l’objectif

Mathieu Delrez

Mathieu Delrez (no 14) aux jeux réservés aux sportifs handicapés mentaux, a été suivi de près par le photographe Roger Job (médaillon).

Le basketteur pepin Mathieu Delrez, handicapé mental, est devenu «le modèle» d’un photographe de renom, Roger Job, aux Special Olympics.

Basketteur évoluant à l’Envolée – APEM T21, Mathieu Delrez et ses coéquipiers sont partis défendre les couleurs de la Belgique la semaine dernière aux jeux européens d’été Special Olympics dans la métropole anversoise. Médaille de bronze en poche, ces athlètes verviétois se sont entraînés des mois durant… Tout ce temps, dans «l’ombre» de Mathieu, rôdait un homme d’une quarantaine d’années, muni d’un appareil photo et qui tentait d’immortaliser cette expérience humaine et sportive! C’est Roger Job, ce Spadois d’origine et photojournaliste professionnel. «Tout comme à onze autres photographes belges, le Comité olympique et interfédéral belge m’a demandé de suivre un athlète handicapé dans sa préparation et aux jeux», affirme-t-il. Un peu réticent au départ, il s’est vite lancé dans l’aventure. «Le monde du handicap ne m’était pas très familier, explique-t-il. Puis, la rencontre avec Mathieu m’a décidé. Je suis tombé face à un gars sympa, gentil, volontaire et pour qui le sport est une manière d’exister. La rencontre humaine était intéressante et ne pouvait déboucher que sur un travail photographique intéressant. J’ai transformé un univers inconnu qui me faisait un peu peur en un univers connu qui aujourd’hui me plaît.»

2 000 clichés

Pendant cinq mois, l’artiste a vécu de nombreux moments aux côtés de son «modèle», dans sa vie privée, professionnelle et sportive. «Mes clichés sont une somme de petites histoires qui racontent une grande histoire, une aventure humaine incroyable.» Ses 2 000 clichés capturent les entraînements du sportif à la salle, sur le terrain, dans les bois, etc. Des images qui, pour certaines, ont réussi le pari de fixer l’émotion. «J’ai une photo de l’équipe qui pleure après sa défaite en demi-finale contre l’Allemagne. Ils sont dans les bras l’un de l’autre. Tout a vraiment été dans la relation et sans cela je n’aurais jamais pu sortir de telles photos.» Un enthousiasme partagé par le jeune Mathieu. «Je trouve les photos magnifiques. C’est vraiment génial d’avoir pu être suivi comme ça. Roger est devenu un ami .»

«D’ailleurs, il sera mon invité privilégié à ma prochaine expo , renchérit le photographe. Mathieu et ses copains de l’Envolée ont fait preuve de grandes qualités humaines masquées par un physique ou une gestuelle déconcertants. Lorsque l’équipe adverse rate un panier, personne n’exulte, mais ils sont tristes de l’effort impayé car il y a une réelle empathie pour le joueur adverse. Cela m’a changé des tribunes du Standard.» Bref, Roger et Mathieu ne vont pas se quitter comme ça…

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