On voit qu’il s’épanouit au travail

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Merci à Sylvie pour avoir attiré mon attention sur cet article.

Le travail, la route vers l’autonomie pour les trisomiques

«Marco est très important pour nous. Il fait partie de la famille», affirme la propriétaire du Café Croissant, Annie Guillemette. Photo : Marie-Lou Ringuette

Marco a 49 ans. Il travaille depuis déjà 21 ans à temps plein au Café Croissant situé à Chicoutimi. Il a tout d’un employé ordinaire, sauf que Marco est porteur de trisomie 21. Incursion dans son quotidien.

C’est toujours avec enthousiasme que Marco Brassard se présente à son travail. Appréciant la compagnie des autres, il n’hésite pas à créer des liens avec les clients du restaurant. «Marco c’est un vrai petit charmeur. Les clients l’aiment beaucoup», affirme la propriétaire Annie Guillemette.

Parmi les tâches qui lui sont attribuées, Marco doit laver la vaisselle ainsi que les tables, et ce, environ 30 heures par semaine. Il rend même parfois des services aux autres employés. Selon la propriétaire, son employé travaille très fort et de façon minutieuse.

Une supervision est tout de même nécessaire. «Il lui arrive parfois d’oublier de réaliser certaines tâches ou au contraire, d’en réaliser une à plusieurs reprises. Par exemple, il n’est pas rare qu’il parte la même brassée de vaisselles plus d’une fois», déclare-t-elle en riant.

Au départ, c’est un projet d’insertion professionnelle qui a motivé Marco à devenir un employé au Café Croissant. Il devait y rester pour environ six mois qui se sont finalement transformés en 21 ans. «C’est impressionnant de voir à quel point il s’est rapidement adapté au milieu de travail sans trop de difficulté», souligne la propriétaire du restaurant.

Dans le cas de Marco, son insertion professionnelle a été très bénéfique et lui a permis de devenir plus autonome. Il prend maintenant l’autobus seul et réussit également à faire ses courses par lui-même. À la maison, il aide de plus en plus sa mère pour ce qui est des tâches ménagères.

Et le meilleur dans tout ça? «On voit qu’il s’épanouit au travail. Sa mère me dit que lorsqu’il est à la maison, il reste souvent dans sa chambre tranquille. Ici c’est tout le contraire. Il s’amuse : il parle aux clients et il est toujours très heureux», mentionne la propriétaire du Café Croissant. Il parait d’ailleurs que l’employé porteur de trisomie est triste lorsque vient le temps de prendre des vacances tellement il aime travailler.

De plus en plus, les personnes porteuses de trisomie 21 essaient de se trouver un emploi ou un stage. C’est du moins ce qu’a constaté l’intervenante communautaire du Regroupement pour la trisomie 21, Geneviève Labrecque.

Si les démarches pour avoir un emploi peuvent être complexes, les porteurs de la trisomie sont généralement de très bons employés. Selon Mme Labrecque, ils sont très fiers et s’appliquent réellement dans leur milieu de travail.

Du côté des employés, plusieurs sont intéressés à accueillir une personne trisomique au sein de leur équipe de travail. «Un employeur a engagé trois trisomiques et il m’a dit que c’était les meilleurs employés qu’il avait», déclare-t-elle.

Travail de sensibilisation

«Il y a encore une problématique énorme. Les gens ont des préjugés envers les personnes qui ont des déficiences intellectuelles. Ces personnes vivent beaucoup de violence. Malheureusement, c’est souvent les plus faibles qui se font taper dessus», explique la directrice générale de l’Association pour le développement de la personne handicapée intellectuelle du Saguenay, Sylvie Jean.

Selon elle, s’il y a tout de même un peu d’amélioration par rapport aux préjugés portés envers les handicapés mentaux, ce n’est pas assez. Sylvie Jean croit d’ailleurs que la société avance trop lentement par rapport à ce dossier.

De son côté, la propriétaire du Café Croissant a plutôt remarqué une grande ouverture de la part des clients. Elle affirme qu’en plus de 20 ans, elle avait entendu moins de cinq commentaires négatifs à l’égard de Marco.

Des temps difficiles pour Marco

Depuis environ six mois, il est plus difficile pour Marco de travailler. Âgé de 49 ans, il commence à souffrir de la maladie d’Alzheimer. «Même les clients ont remarqué un changement chez lui. Il est un peu plus agressif et renfermé», explique la propriétaire. Elle a d’ailleurs commencé à couper les heures de Marco pour qu’il puisse se reposer.

Pour Annie, Marco a une place primordiale au sein du restaurant. «C’est certain que c’est peut-être plus difficile pour Marco de travailler depuis quelques mois. Mais on compte le garder jusqu’à ce qu’il prenne la décision de partir. Il fait partie de la famille.»

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