Un projet artistique qui lève des clivages sociaux

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Musique et handicap en osmose chez Lubat

Des personnes atteintes de handicap mental participent à des ateliers de sons et de rythmes à L’Estaminet. (Photo Martine Bois)

La Compagnie Lubat est connue pour son approche active de l’art sous toutes ses formes et ses compositions artistiques improvisées. Elle favorise, par de nombreux festivals, corporalité et contact avec la population en maintenant un désir de transmission et d’initiation à la pratique libre de la musique.

Dans ce cadre formateur, elle a scellé un partenariat avec l’Adapei de la Gironde.

Éveil musical

Cette association s’inscrit dans une démarche d’accompagnement et de soutien aux personnes présentant un handicap mental. Elle les encadre pour une insertion valorisant leurs droits et leur place légitime dans la société. L’Adapei considère la culture comme un excellent vecteur de développement et d’éveil personnel, d’aide à la communication et à l’intégration.

L’association a décidé, en 2012, de créer un festival, Art’ternatives, dont la première thématique fut le cinéma. Cette année, il est axé sur la musique. C’est pourquoi L’Estaminet, lieu de transmission et de culture, apparaît comme un site adéquat pour mener à bien ces actions d’assistance aux personnes handicapées. Des ateliers de pratique musicale s’y déroulent tous les quinze jours. Le dernier en date s’est effectué ce jeudi 6 juin avec un groupe de 15 usagers venant de quatre établissements différents : La MAS de Biganos, Le FO de Gujan-Mestras, l’IME de Taussat et l’ESAT d’Audenge.

Des élèves réceptifs

Ces sessions se déroulent de 13 h 30 à 15 h 15. Dès midi, un déjeuner est organisé à L’Estaminet pour une meilleure intégration des lieux et un moment de convivialité. Le stage est parrainé par la Compagnie Lubat dont Bernard Lubat est le référent et animateur ainsi que son fils, Louis, et Fabrice Viera.

« Nous ne dispensons pas des cours, explique Fabrice. Nous encadrons les participants et ils ont libre arbitre. Il n’y a aucune compétition entre eux, aucune demande de performance. Les exercices qu’on leur propose, ils les réussissent tous ».

Pour les membres de la compagnie, le constat est enrichissant. Bien que déficients mentaux, les 15 adultes stagiaires s’amusent, s’éveillent et offrent à leurs formateurs des perspectives initiatiques étonnantes. « Ils ont une spontanéité que d’autres élèves lambdas ont du mal à faire émerger », remarque Louis Lubat avec un sourire explicite. « Malgré leurs problèmes de coordination et de mémoire, ils sont très réceptifs. Ils n’essaient pas d’être dans l’imitation. Ils sont derrière une batterie ou avec une guitare et jouent de façon singulière et enthousiaste. »

Le mélange des artistes dits valides avec des artistes handicapés devient une véritable aventure humaine qui met en lumière les capacités parfois insoupçonnées de chacun. Dans le rythme, la voix et les sons, les sessions restent dans une logique d’accompagnement et de progression personnelle.

Cette belle expérience se poursuivra le jeudi 20 juin. Après une trêve estivale, elle reprendra en septembre. Et le vendredi 29 novembre marquera sa finalité par un gala de clôture avec un spectacle qui aura lieu à la salle Gérard-Philipe à Martignas. Un projet artistique qui lève des clivages sociaux et démontre que le domaine artistique efface les différences.

Uzeste · Bernard Lubat

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