Agression sexuelle et handicap mental

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Agression sexuelle et handicap mental au cœur d’un grand débat

Philippe Cézéra, cadre de santé (à droite), et Emmanuel Loncle, infirmier membre du CRIAVS?: « La notion du consentement est très complexe dans le champ psychiatrique ». Philippe Cézéra, cadre de santé (à droite), et Emmanuel Loncle, infirmier membre du CRIAVS?: « La notion du consentement est très complexe dans le champ psychiatrique ».

Un colloque régional va réunir plus de 300 professionnels du monde sanitaire, social, judiciaire et associatif confrontés à ce délicat sujet, le vendredi 15 février à La Crèche.

Avant, on niait la sexualité de ces personnes. Mais aujourd’hui, les encadrants ressentent de plus en plus la nécessité de mieux appréhender des situations qui, parfois, font violence aux protagonistes comme aux institutions.

Comme l’explique Philippe Cézéra, cadre supérieur de santé du pôle psychiatrie de l’hôpital de Niort, l’agression sexuelle et le handicap mental posent une double problématique à tous les professionnels concernés. « Depuis deux ans, on a constaté une augmentation de leurs questionnements sur la prise en charge des comportements complexes liés à la sexualité des personnes en situation de handicap mental », confirme Emmanuel Loncle, infirmier rattaché au Centre de ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS). C’est pourquoi ce même CRIAVS va consacrer, vendredi prochain à La Crèche, à L’Hélianthe, sa deuxième journée régionale à ce sujet. La première, organisée l’an passé à Poitiers, avait traité de l’inceste. Plus de 300 professionnels issus des champs sanitaires, médico-social, éducatif et associatif échangeront et confronteront leurs expériences et leurs pratiques en ce délicat domaine de la violence sexuelle et du handicap mental.

« Les relations sexuelles ne sont pas interdites au sein des institutions, rappelle Emmanuel Loncle. Mais il peut arriver qu’elles puissent, a posteriori, être vécues comme une agression. Nous avons affaire à des enfants dans un corps d’adultes, ils ont du mal à comprendre ce qui se passe pour eux et encore plus de mal à l’expliquer. Nous devons trouver le moyen d’être au plus proche de leur ressenti pour pouvoir analyser au mieux l’événement et la suite à lui donner. Il ne faut pas être dans l’acceptation totale comme autrefois ni tomber dans le système répressif des gens dits normaux. »

« Des enfants dans des corps d’adultes »

Comment apprécier la notion de relation consentie ou non?? Quel est le sens d’une sanction pour une personne en situation de handicap reconnue pénalement irresponsable de ses actes?? Faut-il porter un événement devant la justice?? Entre le silence d’hier et le sursignalement d’aujourd’hui, la voie n’est pas simple. Comment des résidants peuvent-ils vivre une sexualité équilibrée quand les locaux des institutions, les lieux de vie qui les accueillent, parfois durant plusieurs années, ne leur offrent aucune possibilité d’intimité les exposant à la frustration, voire à des accusations d’exhibitionnisme ou de voyeurisme?? Autant de sujets très complexes qui nourriront sans doute bien des débats intéressants vendredi à La Crèche.

nr.niort@nrco.fr

Fabien Bonnet
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On peut aussi lire sur le sujet sur le site de DI / TED et justice – Répertoire d’initiatives et de pratiques novatrices, et plus particulièrement les articles ayant trait aux agressions sexuelles (ici).

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