Femmes handicapées victimes de violence conjugale

Photo La Gîtée

La violence conjugale est un sujet rarement abordé quand on parle de la déficience intellectuelle. Pourtant, elle existe. L’Office des Personnes Handicapées du Québec (OPHQ) a produit un rapport en 2010 intitulé Évaluation des besoins d’adaptation des services offerts aux femmes handicapées victimes de violence conjugale. On y lit, entre autres, que

– Les femmes handicapées risquent davantage que les autres femmes d’être victimes de violence dans un contexte conjugal;
– Les femmes handicapées subissent des formes plus sévères de violence que les autres femmes. (p.72)

Ce rapport traite de toutes les sortes de déficience, mais voici ce qui est dit spécifiquement de la déficience intellectuelle:

4.1.6.2 Incapacité intellectuelle ou liée à un trouble envahissant du développement
Plus du tiers des intervenantes (35 %) des 53 maisons répondantes ont réalisé des interventions auprès de femmes ayant une incapacité intellectuelle ou liée à un TED victimes de violence conjugale au cours des deux années précédant l’enquête. Celles-ci travaillent dans 32 maisons d’hébergement distinctes. La totalité des répondantes de ces ressources a mentionné que ces femmes avaient subi des agressions psychologiques de la part de leur conjoint (tableau 18). La majorité a également rapporté des agressions verbales (94 %), physiques (84 %), des actes de domination sur le plan économique (81 %) et des agressions sexuelles (75 %).

TABLEAU 18 Types de violence subie par les femmes ayant une incapacité intellectuelle ou liée à un trouble envahissant du développement qui ont bénéficié des services des 32 maisons répondantes au cours des deux années précédant l’enquête, 2007-2008 et 2008-2009

n %
Agressions psychologiques 32 100,0
Agressions verbales 30 93,8
Agressions physiques 27 84,4
Actes de domination sur le plan économique 26 81,3
Agressions sexuelles 24 75,0
Négligence 14 43,8

Note : Les victimes ont pu subir plus d’un type de violence.

Près des trois quarts des maisons d’hébergement (72 %) qui ont accueilli des femmes ayant une incapacité intellectuelle ou liée à un TED ont rencontré des difficultés dans le cadre des interventions qu’elles ont menées. Presque la totalité des répondantes de ces maisons (96 %) estime que certaines de ces difficultés sont liées au type d’incapacité de ces femmes. Tout comme pour l’incapacité liée à un trouble grave de santé mentale, l’attitude des autres personnes hébergées à l’égard de ces femmes (77 %), le manque d’expérience en ce qui a trait à l’intervention auprès de personnes ayant ce type d’incapacité (68 %) et l’attitude de ces femmes (64 %) se retrouvent parmi les cinq causes les plus fréquemment mentionnées afin d’expliquer les difficultés rencontrées (tableau 19). À ces trois causes s’ajoutent des outils d’intervention qui ne sont pas adaptés à ce type d’incapacité (73 %) et un manque de connaissances à l’égard de ce type d’incapacité (50 %).

TABLEAU 19 Causes les plus fréquemment mentionnées par les intervenantes des 22 maisons répondantes afin d’expliquer les difficultés rencontrées lors des interventions menées auprès de femmes ayant une incapacité intellectuelle ou liée à un trouble envahissant du développement victimes de violence conjugale, 2007-2008 et 2008-2009

n %
Attitude des autres personnes hébergées à l’égard de ces femmes 17 77,3
Outils d’ intervention qui ne sont pas adaptés à ce type d’incapacité 16 72,7
Manque d’expérience en ce qui a trait à l’ intervention auprès de personnes ayant ce type d’incapacité 15 68,2
Attitude de ces femmes 14 63,6
Manque de connaissances à l’égard de ce type d’incapacité 11 50,0

Le rapport contient des recommandations qui touchent aussi la déficience intellectuelle.

Pour lire tout le rapport, se rendre ici.

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