Un drame dans une baignoire

Malheureusement, les accidents et les drames dans les baignoires sont trop courants en ce qui concerne les personnes ayant une déficience intellectuelle.

Voici un reportage de TVA Nouvelles.

Atteint d’un retard mental et souffrant d’épilepsie, il meurt noyé dans un centre de réadaptation

Vidéo ici.

Une famille de Sherbrooke a intenté une poursuite de 240 000$ pour dénoncer la mort de leur enfant, retrouvé noyé dans une maison de répit à Sherbrooke.

Sébastien Roy, âgé de 33 ans, atteint d’un retard mental sévère et souffrant d’hyperactivité et d’épilepsie a été découvert inerte dans son bain, en août 2010.

Ses parents le laissaient à l’occasion dans cette résidence supervisée par le Centre Notre-Dame de l’Enfant, afin de prendre un peu de répit. «Nous nous sentions en sécurité, étant donné que le personnel était formé et compétent», a raconté Diane Bertrand, la mère de Sébastien.

Ce centre offre des services en réadaptation spécialisée pour les personnes atteintes de déficience intellectuelle.

(Crédit: Gracieuseté) Sébastien Roy

Mais le personnel du centre a omis de donner ses médicaments pour contrôler l’épilepsie au jeune homme ce matin-là. Le centre de réadaptation l’a d’ailleurs confirmé à la mère.

Selon ce qu’indique la poursuite, le fait que Sébastien Roy n’ait pas reçu ses médicaments a joué un rôle dans son décès.

«Il a été laissé seul dans son bain pendant plusieurs minutes, et quand ils l’ont retrouvé, il avait la figure dans l’eau, il s’était noyé», a expliqué sa mère.

Le trentenaire est mort d’asphyxie par immersion et d’œdème pulmonaire. Il était resté entre 10 et 20 minutes seul dans la salle de bain.

Le centre reconnaît des lacunes

La direction du Centre Notre-Dame-de-l’Enfant de Sherbrooke admet qu’il y a eu des lacunes. Elle demeure néanmoins réservée sur ce dossier.

«C’est un accident de parcours de l’organisation», a dit Danielle Lareau, directrice générale de l’établissement.

«L’administration [des médicaments] de 6h n’a pas été faite. On va aller en cour et, finalement, c’est à la suite du procès qu’on pourra vous dire s’il y a eu négligence ou pas», a-t-elle poursuivi.

La préposée aux bénéficiaires qui devait s’occuper de Sébastien au moment des événements est toujours en poste. La direction attend la décision de la cour avant d’imposer quelque sanction que ce soit.

Au moment des événements, le Centre Notre-Dame de l’Enfant n’utilisait pas de registre ou de fichier auxquels pouvaient se référer les employés pour vérifier si Sébastien Roy avait ingéré ses médicaments. Il y avait plutôt un système de boîte dosage.

Aucune signature n’était requise de la part des employés. À la suite du décès de Sébastien, la direction veut maintenant implanter un processus pour contrôler la médication

«On va introduire des formulaires, annonce Mme Lareau. Chaque employé devra noter quand il donne un médicament et il devra signer.»

(Crédit: Gracieuseté) Sébastien Roy

L’Association du Québec pour l’intégration sociale réclame des changements au ministère de la Santé, car trop de cas de ce type surviennent.

On se souvient entre autres de Suzie St-Jacques, une handicapée intellectuelle brûlée au troisième degré, ébouillantée dans le bain d’une résidence de Longueuil.

«C’est que le personnel qui était en place, même si on pense qu’il est formé, je crois qu’il y a vraiment un certain laxisme qui est dû beaucoup, entre autres, aux coupures budgétaires», a expliqué Diane Millard, directrice de l’association.

L’avocat de la famille, Me Jean-Pierre Ménard, déplore lui aussi que ce type d’histoire se répète et que certains cas «ne reçoivent pas la surveillance et les services qu’ils devraient recevoir».

Avec la collaboration de Marie-Pierre Cornellier – voir le reportage

 

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