Une recherche: Concept de soi d’enfants ayant une déficience intellectuelle

Catherine Fiasse Photo Université de Louvain

Nathalie Nader-Grosbois Photo Université de Louvain

Concept de soi d’enfants ayant une déficience intellectuelle d’âge développemental préscolaire

par Catherine Fiasse et Nathalie Nader-Grosbois

Cette recherche examine le concept de soi de 45 enfants ayant une déficience intellectuelle (DI) appariés en âge développemental à 45 enfants tout-venant (TV). Trois dimensions (cognitive, sociale et physique) sont évaluées, à travers l’autoperception des enfants et l’hétéroperception de leurs enseignants, afin d’apprécier le réalisme de leur concept de soi. Les enfants ayant une DI se perçoivent plus acceptés socialement que les enfants TV. Par contre, les enseignants des enfants ayant une DI les perçoivent globalement plus négativement que les enseignants des enfants TV, en particulier pour les compétences cognitives. Le concept de soi des enfants ayant une DI est moins réaliste que celui des enfants TV. La considération de l’âge de développement des enfants dans l’étude de leur concept de soi est discutée.

(…) Nous avons adapté en langue française la Pictorial Scale of Perceived Competence and Social Acceptance for young children (PSPCSA, Harter et Pike, 1980). Cette échelle permet de mesurer l’autoperception des compétences et de l’acceptation sociale d’enfants d’âge préscolaire. Deux versions de l’échelle existent : une version adaptée aux enfants d’un niveau préscolaire (4-5 ans) et une destinée aux enfants d’âge scolaire (6-7 ans). Les images de chaque version sont adaptées au sexe de l’enfant, mais les activités présentées sont similaires qu’il s’agisse de fille ou de garçon.

(…) Premièrement, nous nous sommes interrogés sur l’existence de différences intergroupes quant à l’autoperception des enfants et l’hétéroperception de leurs enseignants. D’une part, à propos de l’autoperception, les enfants ayant une DI se perçoivent mieux acceptés socialement, ce qui est conforme aux résultats de Cadieux (2003). Ce résultat significatif soutient l’hypothèse d’une différence de développement concernant le soi social des enfants ayant une DI.

(…) Finalement, ces résultats soutiennent partiellement une différence de développement chez les enfants ayant une DI, comparés aux enfants TV : leurdéveloppement au niveau du soi social n’est pas « retardé » en fonction de leur déficience intellectuelle, mais évolue différemment en fonction d’autres spécificités développementales. Rappelons qu’un phénomène de compensation peut être avancé pour expliquer certaines différences au niveau du soi chez un enfant ayant une DI (Allodi, 2000): lorsqu’il se perçoit négativement dans un domaine, il peut avoir tendance à surinvestir un autre domaine où il se sent davantage compétent.

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