Les difficultés à vivre une sexualité pour les personnes placées en institution

A lire sur le site de Libération:

Sexualité des handicapés mentaux: «On a peur des grossesses mais pas du sida»

Quentin GIRARD
Sexualité des handicapés mentaux

Des membres d’une compagnie de danse pour handicapés mentaux, au Mexique. (Photo Reuters)

Lucie Nayak, docteure en sociologie, a publié dans le dernier numéro de la revue scientifique Hermès un papier sur le «paradoxe et conflits autour de la sexualité des personnes « handicapées mentales » en institution spécialisée». Elle revient sur les difficultés qu’elles ont à pouvoir vivre une sexualité la plus libre possible.

Pourquoi la sexualité des personnes handicapées mentales a longtemps été interdite dans les établissements spécialisés ?

Il y a une réponse rapide liée à la peur panique des grossesses, mais c’est plus subtil que ça. Il faut se reporter aux travaux d’Alain Giami et de son équipe qui faisaient le constat, dans les années 1980, qu’il existe deux piliers dans la manière de voir la personne avec un handicap mental : l’ange et la bête, représentations encore parfois observables aujourd’hui.

L’ange est asexué, fragile, à protéger. Il est surtout la représentation des parents et désigne les femmes, mais pas toujours. La bête, à l’inverse, a une sexualité irrépressible et dangereuse. C’est plutôt la vision des éducateurs, souvent au sujet des hommes, mais pas uniquement. Au final, les deux types de représentation aboutissaient au même résultat, c’est-à-dire l’absence de sexualité, soit pour protéger l’ange, soit pour empêcher la bête de nuire.

Aujourd’hui, la position semble évoluer vers un droit à l’intimité…

Le concept de santé sexuelle promu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est de plus en plus accepté par les institutions spécialisées. On ne peut pas parler d’une application d’un «droit à la sexualité», mais les dernières lois de 2002 et 2005 visent à garantir davantage d’intimité, la possibilité de disposer d’une chambre individuelle, considérée comme un lieu privé, permettant, théoriquement, de recevoir des gens, par exemple. Mais en pratique, les institutions exigent encore parfois qu’on garde la porte ouverte, on ne reçoit pas qui on veut quand on veut, il faut en faire la demande. Des démarches qu’on ne demande pas évidemment aux personnes non handicapées.

Si c’est un couple de longue date, il n’y a pas, évidemment, besoin de redemander à chaque fois, mais la procédure recommence à chaque nouvelle relation. Il y a toujours la crainte, notamment pour une femme, qu’elle ne se rende pas bien compte de ce qu’elle fait, que c’était peut-être trop tôt pour elle.

Paradoxalement, d’une certaine manière, on demande aux personnes handicapées de réaliser une sorte d’idéal de couple, stable, monogame, fidèle, ce que les non-handicapés peinent souvent à atteindre eux-mêmes.

Y a-t-il parfois des couples homosexuels ?

Cela arrive. Je n’en ai pas observé beaucoup dans le cadre de mon enquête, mais les relations homosexuelles sont plutôt accueillies avec bienveillance parce que là on n’a pas à craindre une grossesse. C’est parfois vu comme un pis-aller ou comme une sexualité par défaut, ce à quoi on ne peut réduire une orientation homosexuelle, que ce soit pour des personnes handicapées mentales ou non.

Les handicapés mentaux sont-ils parfois encouragés à se mettre en couple ?

Oui, tout à fait, dans une perspective de santé sexuelle. Des parents ou des éducateurs se disent qu’à «lui ou elle, ça ferait du bien». C’est parfois, aussi, dans un objectif de normalisation pour les parents : «Mon fils vient déjeuner tous les dimanches avec sa compagne, comme un couple normal.» Mais cet encouragement n’est pas non plus systématique.

Pourquoi y a-t-il une telle crainte de la grossesse ?

Dans les représentations, toutes les personnes handicapées seraient inaptes à s’occuper de leurs enfants. Enfants qui seraient du coup forcément placés donc forcément malheureux ensuite. En France, très peu a été fait sur la question mais des enquêtes, au Canada notamment, montrent qu’avec un accompagnement spécifique, des personnes avec un handicap mental léger peuvent tout à fait élever leurs enfants.

Quand on parle de handicap mental, on pense souvent aussi aux personnes trisomiques, on a peur que cela se transmette, mais les handicaps d’origine génétique ne représentent qu’un faible pourcentage des personnes désignées comme «handicapées mentales». Et quand bien même, doit-on considérer qu’il vaut mieux éviter la venue au monde d’un tel enfant ?

Y a-t-il parfois une stérilisation forcée des femmes qui est mise en place ?

Sur mon terrain, au cours de mon enquête, je n’ai pas directement rencontré de femmes qui ont été stérilisées contre leur gré mais plusieurs cas ont été évoqués en entretien par les éducateurs. Des parents par exemple qui demandent de le faire, à l’insu de leur enfant, sous couvert parfois d’une autre opération. Après, la loi actuelle exige le consentement de la personne concernée.

Mais le consentement est quelque chose de délicat pour les personnes handicapées mentales. Bien souvent, elles vivent dans un entourage très restreint, la famille, les éducateurs et si tout le monde leur dit que c’est une bonne idée elles vont s’en persuader elles-mêmes. Tout changement est souvent très anxiogène pour elles et la menace de devoir quitter l’institution en cas de grossesse leur fait souvent très peur.

J’ai rencontré aussi des femmes ayant avorté après y avoir été fermement invitées par leur entourage éducatif, le regrettant parfois, pleurant en l’évoquant, vingt ou trente ans après.

Que se passe-t-il en cas de grossesse ?

Le plus souvent, c’est un retour chez les parents ou un placement dans une institution pour jeunes mères en difficulté mais, à ma connaissance, il n’y a pas de structure spécialisée en France. L’idée de tomber enceinte terrifie parfois les femmes handicapées. J’en ai rencontré une, appelons-la Blandine, qui a demandé une ligature des trompes, alors qu’elle n’a jamais eu de relations sexuelles et qu’elle ne souhaite pas en avoir, mais pour elle, on n’était jamais trop prudent.

La stérilisation est aussi parfois défendue comme une protection contre les agressions et les viols. Mais sans doute vaut-il mieux lutter contre le viol que de stériliser les victimes potentielles…

Ont-elles accès à des moyens de contraception ?

Oui, il y a la pilule, l’injection contraceptive trimestrielle, éventuellement le stérilet, en cas de demande ou si cela paraît indiqué.

Y a-t-il également des protections et des sensibilisations contre les MST ?

J’ai été extrêmement étonnée de constater dans les entretiens que cette question n’est jamais évoquée. On a peur des grossesses mais pas du sida. Il y a parfois des séances ponctuelles organisées sur l’importance du préservatif, mais ça n’apparaît pas, et de loin, parmi les craintes principales.

Recueilli par Quentin Girard

ACTabilities – A business developed to provide jobs for young adults with intellectual disabilities

To read on ACTabilities website:

Building Independence for Young Adults with Intellectual Disabilities

ACTabilities business

ACTabilitiesTM is a business developed to provide jobs for young adults with intellectual disabilities.

 We have partnered with local artisans to offer you only the highest quality products.

 Purchasing our products aide in supporting our mission of providing jobs that build confidence and self esteem and encouraging each person’s special ability.   In addition, you help us to spread our message of Acceptance, Consideration and Tolerance.

 Please be sure to check back for updates and additional product announcements!

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 Our Story

Being the parent of a student with Intellectual Disabilities has presented me, and other parents like me, with issues that we’re not quite prepared for or know how to address. Those issues can become  more challenging as they get older.

When my son, Jaden turned 16, he began expressing a strong desire to find a job to start ‘making money’.  My first thoughts were  « how can I help him? Should I help?  Or should he be trying to do this on his own? » With the job market being what it was, finding employment for Jaden would be no easy challenge.

My thoughts kept going back to a video Jaden made to express his pain and frustration after he had overheard a student in his homeroom class make fun of kids with intellectual disabilities.  At the time, Jaden was concerned that not everyone may know someone with ID, so they could not possibly know how much ABILITY such a person may have. I suggested he make a video to talk about it.  In doing so, Jaden’s message expressed such compassion and understanding that I wanted to help him to develop a business built from that message.

With doing some research, I found that although there are opportunities out there for kids with ID, many are offered are through non-profit organizations and do not provide a financially competitive opportunity.  So we decided to develop a business that will offer those opportunities to earn a fair wage as well as build confidence, personal growth and financial stability.

I feel blessed to have a son who is so loving, caring and compassionate as Jaden is and I have been so fortunate to meet his amazing friends and their families.  I hope you will  help us spread his message of Acceptance, Consideration and Tolerance, by buying products and by sharing our story.  Thank you for visiting our website.

Kristen Ford-Hernandez

Irène Gerard, artiste de la Hesse

A lire sur le site La « S » Grand atelier:

Irène Gerard

Irène Gerard

Irène Gerard – 1958

En novembre 2007, ayant terminé sa carrière de travailleuse en atelier protégé, Irène a décidé de fréquenter régulièrement les ateliers de peinture et de gravure du CEC La Hesse.

Une artiste avide de découvertes et de rencontres qui a très rapidement trouvé son univers personnel, graphique et pictural.

L’œuvre d’Irène Gérard est exclusivement basée sur la figure humaine. C’est à la fois un travail graphique et pictural complexe qui caractérise son travail. Inspirée d’images tirées de grandes figures de l’histoire de l’art (notamment Sander, Modigliani ou encore Gauguin), l’artiste ne reste pas cantonnée à une simple reproduction du sujet initial mais en donne une version très personnalisée.

La fabrication de ses peintures s’élabore de manière relativement systématisée.

La première étape consiste en la réalisation d’un crayonné. Cette phase du travail n’est pas sans rappeler le cubisme dans sa période analytique (et plus particulièrement les Demoiselles d’Avignon de Picasso). Irène Gérard construit son dessin par plans successifs qui s’agencent pour reconstituer l’ensemble de la figure. A contrario des procédés cubistes, l’objectif de l’artiste n’est pas une déconstruction de l’image mais bien une reconstruction par plans entourés d’un cerne. L’idée n’est donc pas ici de proposer la visualisation de différents points de vue mais bien de découper l’image en zones identifiables. En fin de processus, l’image montre donc une grande cohérence d’ensemble.

L’étape suivante est celle de la mise en couleur. Les techniques utilisées sont variées passant tantôt par l’utilisation de l’acrylique, tantôt par l’huile ou encore le fusain. Le choix technique s’opère en fonction du sujet traité. Irène Gérard n’a pas de palette de prédilection mais utilise une grande variété de teinte.

La finalisation de l’ensemble consiste souvent à retracer de manière marquée l’ensemble des cernes qui avaient servi à la construction de son dessin.

A sa manière, on peut donc dire d’Irène Gérard qu’elle revisite le cubisme sans même en connaître les principes et c’est sans doute là que réside une bonne part de la richesse de son travail.

Patrick Perin

Les corps sont en morceaux, en morceaux recollés, comme un vitrail défenestré, couché sur le parvis d’une église. Le puzzle est complexe mais presque toutes les brisures sont là, reste à les assembler pour reconstituer une histoire plausible, celle d’Irène Gérard. Ses peintures coupent comme verre, ses dessins sont taillés comme au canif. Têtes et membres s’encastrent, s’accouplent, se clipsent et se cliquent pour composer des corps différents mais malgré tout crédibles. Et une mâchoire s’emboîte dans un maxillaire, un maxillaire dans l’aile d’un nez, l’aile d’un nez dans l’espace vacant entre les deux yeux, deux yeux qui nous observent. Car ce monde claquemuré dans deux seules dimensions est pourtant tangible, palpable, comme animé. Il suffit de s’habituer à ces nouvelles anatomies, ces relations inédites entre leurs différentes parties. En fin de compte ces vitraux sont intacts, les plombs dans la tête d’Irène Gérard sont résistants, tous ces êtres se présentant dans les encoignures des acryliques et des crayons sont nos parents proches. Ce n’est qu’une question de regard, de grille de lecture, d’adaptation à un monde parallèle, qui est aussi le nôtre.

François Liénard

Sans titre (2011) Mixte, 1100×730 mm, Papier

Sans titre (2010) Acrylique, 1100×730 mm, Papier

Sans titre (2010) Acrylique, 1100×730 mm, Papier

UK – A little chat – A to Z of Family Rights and Lives

To read on Bringing Us Together website:

J: A to Z of Family Rights and Lives

We continue our A to Z of Family Rights and Lives.  Today, we are looking at the letter J.

Thanks to Sharon Smith, Helen Seth, Jenny Carter, Liz Wilson and Kerry Fox for their contributions and a highly amusing chat about Justin Fletcher and Sharon’s kitchen.

Family Rights and Lives

Jekyll and Hyde: As parents, we often swing between extremes. On a good day, with our “Dr Jekyll” head on, we feel as if we may be on top of things at long last. We may have had a good night’s sleep, we may have received a letter or a phone call offering the support our child needs or we may have completed that tedious form that has been sat staring at us for some time. We have even been known to smile at people! However, it can take one call, one letter or one comment to change all of that and suddenly our “Edward Hyde” head appears. For every battle we encounter, our “Edward Hyde” head gets more developed and switching back to Dr Jekyll becomes more difficult.

If someone prefers you as Dr Jekyll, then explain that they just have to ensure they give you no reason to become Mr Hyde. Simple!

Joining: Joining a group, a cause or just joining together – something we often do as parents. Our friends and family offer some support but sometimes it is another parent “wearing the same t-shirt” who provides the best advice, information or shoulder to cry on. Joining a cause can give us a new focus for our anger or frustration (at the system). There are several causes out there, sometimes you just need to find the right one for you, one size really doesn’t fit all.

There is also disappointment, anger or confrontation when you choose not to join or to leave a group. Sometimes we do this for our own sanity or because the timing is just not working for us; sometimes because the original vision of the cause seems to have been forgotten and sometimes it just comes down to personalities and politics. Don’t ever feel bad about not joining a group or moving on; being involved in something that doesn’t sit well with you can be soul destroying. Moving on helps to reignite your passion.

Jolly:  Jolly hockey sticks and all that. Stiff British upper lip. Grin and bear it. Put on a brave face. But sometimes we just want to show some emotion. There are times when it all get too much and you just feel like throwing that bloomin hockey stick right across the room and cause a bit of havoc.

Joy:  Those precious moments when you see and feel something that brings a smile to your face and a glow inside that warms your heart and soul. We love our kids to the ends of the earth and back and in between the rushing around it’s all so worthwhile when we feel that thrill of happiness.

Judgemental: “Are you sure you’re not just looking for problems”, “oh he doesn’t do that in school”, “Maybe if you were more disciplined with him”, “maybe the way you handle her behaviour isn’t appropriate”, “it was just called naughty in my day” or “I’m going to speak to you as if you are incapable of understanding big words”. We’ve all been on the receiving end of a judgemental comment.

Judicial Review: Judicial review is a type of court proceeding in which a judge reviews the lawfulness of a decision or action made by a public body. In other words, judicial reviews are a challenge to the way in which a decision has been made, rather than the rights and wrongs of the conclusion reached. This includes decisions of local authorities in the exercise of their duties to provide special education for children. Judicial Reviews are there to be used. Often, parents fight their LA without realising how common their problem is. Most families are scared at the idea of JR, but there are organisations out there who can offer advice and support.

Jungle: In the words of Grandmaster Flash in The Message “It’s like a jungle sometimes. It makes me wonder how I keep from going under”. It also contains another appropriate phrase – “don’t push me cause I’m close to the edge. I’m trying not to lose my head” If you need help navigating the world of special needs, then Special Needs Jungle is a hugely popular website offering information by parents for parents.

Just: How often do you say “I just want” or “he just needs”. As one parent put it “I just want my kids to have the things other kids have and if that means extra kit/extra time/extra support or whatever – fine. I don’t want special treatment for them for special’s sake, I just want to give them a real and genuine shot at life.” Is that too much to ask?

Justice:  One parent in our group said it best “I have signed far too many petitions seeking just treatment for young people with disabilities and I’m getting fed up of it. It seems that one young person gets the support/placement they and their family need only for 2 or 3 more petitions to pop up on my news feed”

Justice for LB: Justice for LB is a case that horrifies any parent or human being, it is a case that should never have happened. It is a case that highlights all that is wrong in our health and social service system for young people. Justice for LB has been a hugely influential and informative social media campaign, which has now lead to a campaign for a Private Members bill. If you are the parent of a child or young person with a learning disability, then please support the LB Bill – sadly we live in a world where “that will never happen to me” really does not apply.

And of course, we couldn’t do J without mentioning

Justin Fletcher (Mr Tumble): He’s a bit like Marmite. Whether you personally love him or hate him, we have to acknowledge that many of our children and young people adore him. His character has also helped enormously in making makaton mainstream.

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Thanks to @BUsTogether to have drawn my attention on this subject.

Depuis 1958, l’association Les Papillons Blancs multiplie les initiatives en faveur des personnes déficientes intellectuelles

A lire sur le site La Provence.com:

Les Papillons Blancs aident les déficients intellectuels

 Jeudi 23/10/2014
Les Papillons Blancs

Le scénariste de BD, Christophe Cazenove, était à l’IME les Cyprès auprès des jeunes. Photo A.T.

L’association multiplie les initiatives pour développer ses différentes structures

Depuis sa création en 1958, l’œuvre des Papillons blancs a bien grandi. Elle a surtout considérablement aidé à faire évoluer la situation des personnes atteintes d’une déficience intellectuelle et les responsables ne comptent pas s’arrêter là.

Chaque année, ils multiplient les actions et les démarches pour travailler à l’inclusion des pensionnaires. « On a de plus en plus de démarches d’ouverture, pour ne plus concevoir les établissements comme refermés sur eux-mêmes« , assure le directeur de l’IME et du Sessad, François Ballesta, avec cette ambition qui l’anime « d’en faire des citoyens« .

Aujourd’hui, près de 370 personnes, âgées de 6 à 68 ans, et atteintes d’une déficience intellectuelle, sont accueillies sur les différentes structures gérées par l’association (lire ci-contre), en fonction de leur âge et de leurs capacités.

Que ce soit à l’IME, l’Esat, au sein de l’entreprise adaptée, au foyer de vie Lou Calen ou encore au foyer d’accueil médicalisé pour les personnes vieillissantes, dirigeants, travailleurs et bénévoles redoublent ainsi d’efforts pour veiller au respect de la dignité et de la citoyenneté des personnes handicapées. Véritable institution, dont la portée dépasse les frontières de la ville – les pensionnaires viennent de tout le pays salonais -, l’œuvre des Papillons blancs emploie plus de 220 professionnels et peut aussi compter sur une quarantaine de bénévoles.

Une classe IME au collège

L’an dernier l’IME a lancé une coopération inédite avec l’Ehpad L’Estérel afin de favoriser l’alternance des apprentissages professionnels des élèves des Cyprès au sein de l’entreprise, tout particulièrement pour les jeunes en formation lingerie, cuisine et entretien des locaux.

Saisissant ainsi chaque occasion pour valoriser le travail et les capacités de chaque personne, la structure travaille aussi depuis plus d’un an à la mise en place d’une classe IME au sein d’un collège.

Après de longs mois de discussion, une classe IME va ouvrir à la rentrée des vacances de la Toussaint au collège Carcassonne de Pélissanne. Dix élèves y seront accueillis le matin ou l’après-midi et auront donc la possibilité d’évoluer dans le milieu scolaire ordinaire.

« Les démarches ont été longues, avoue le directeur de l’IME. Mais nous avons finalement signé une convention tripartite entre le Conseil général, les Papillons blancs et le collège Carcassonne de Pélissanne. C’est unique dans le département« .

La démarche sera bénéfique aux deux parties et permettra notamment de valoriser l’estime de soi des jeunes de l’IME.

Autre projet de taille pour l’oeuvre des Papillons Blancs, l’agrandissement du foyer d’hébergement La Sousto. « Le projet avance et on espère qu’il verra le jour à l’horizon 2016« , confie la directrice générale de l’association, Madame Villecourt-Georges.

Le foyer va déménager avenue Georges Borel, où des travaux doivent être réalisés, et comptera alors 40 places contre 25 proposées actuellement, des studios seront aussi à l’étage pour les personnes autonomes. Avec toujours la même exigence, satisfaire au mieux les besoins de chacun.


 Les stuctures

L’association gère différentes structures : Pour les jeunes handicapés

- le Service d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD).

- l’Institut médico-éducatif, IME Les Cyprès.

- Le Foyer d’hébergement pour enfants et ados handicapés, la pinède. Pour les adultes handicapés

- Établissement et service d’aide par le travail (ESAT).

- Entreprise adaptée les Papillons Blancs .

- Foyer d’hébergement pour adultes handicapés dit la Sousto.

- Foyer de vie pour adultes handicapés, Lou Calen.

- Foyer d’accueil médicalisé pour adultes handicapés (FAM)


L’IME dessine sa BD pour le festival d’Angoulême

Le neuvième art peut parfois être un véritable facteur d’intégration. Pour preuve, la participation de sept jeunes de l’IME les Cyprès au concours organisé par l’association l’Hippocampe en marge du festival de bande dessinée d’Angoulême et destiné aux jeunes et adultes en situation de handicap.

« C’est important d’arriver à trouver une série de projets qui motivent les jeunes et les aident à prendre de l’estime« , justifie le directeur de l’IME, François Ballesta.

La participation des jeunes au concours de BD s’inscrit donc dans une démarche d’ouverture mais représente aussi un véritable tremplin pour les participants, qui quelles que soient leurs difficultés sont en situation de tout faire.

Pour la 16e édition de ce concours international, le groupe de Salon doit donc plancher sur le thème « Une surprise… ». Aidés de leur éducatrice, Sabine Abdoun, ils ont jusqu’au 15 décembre pour envoyer leur bande dessinée imaginée sur deux planches au format raisin (50cm x 65cm).

Et pour leur donner une motivation supplémentaire, Christophe Cazenove, scénariste de bandes dessinées comme notamment Les Pompiers, Les Gendarmes ou encore les Sisters…, et membre du jury de ce concours, est venu leur rendre visite au sein de l’institut médico éducatif de Salon.

« Dès qu’il y a de la BD en jeu, je me sens concerné« , glisse le scénariste à succès avant de prodiguer quelques conseils. « Il faut commencer par imaginer l’histoire, écrire le texte et dessiner après« , prévient-il. Une rencontre impressionnante pour ces jeunes qui ont apprécié la venue du professionnel.

« Nous n’avons pas encore choisi le thème, c’est le premier jour alors pour l’instant on met les idées à plat« , commente l’éducatrice.

De son côté Léa, a déjà une préférence, « moi j’aimerais bien faire quelque chose autour des vampires« , mais pour cela il faudra convaincre ses autres camarades. En attendant de définir la trame de l’histoire, les premiers coups de crayon sont déjà prometteurs.

« Nous allons intensifier les séances de travail après les vacances« , promet Sabine Abdoun. Estelle, Anastasia, Vincent, Rosa-Marie, Ruben, Chloé et Léa vont donc redoubler d’effort pour croquer leur aventure à pleines dents et taper dans l’oeil du jury, avec bulles et couleurs. Réponse aux alentours du 10 janvier.


 L’histoire de l’œuvre des Papillons blancs

En septembre 1958, le commandant de l’armée de l’Air, Jean Paour, fonde l’oeuvre des Papillons Blancs de Salon destinée à l’accueil des enfants déficients intellectuels qui se voyaient refuser l’accès à l’Éducation Nationale.

Grâce aux aides publiques ainsi qu’à des dons privés, l’association achète une demeure au 210 boulevard Foch. Le 1er janvier 1959, l’Institut médico-pédagogique (IMP) ouvre enfin ses portes.

En 1964 s’ouvrait ensuite l’institut médico-professionnel suivi d’une mise en place progressive d’un Centre d’aide par le travail (CAT). Le foyer-résidence, La Sousto, est aussi mis en place ainsi que le foyer Lou Calen en 1992 ou encore le Foyer d’Accueil Médicalisé, La Sauvado.

Pendant plus de 50 ans, le développement de l’œuvre des Papillons Blancs s’est poursuivi grâce à l’énergie de ses membres et de ses dirigeants successifs. L’actuel président Jean-Paul Menaut, multiplie encore les initiatives avec toute l’équipe de l’association et les directeurs des différentes structures.